Jérémy Ferrari, on peut rire de tout!

Si les sketchs de Jérémy Ferrari remportaient un franc succès dans l'émission de Laurent Ruquier «On ne demande qu'à en rire» sur France 2, le public des Arcs de Quéven a découvert (ou redécouvert) hier un humoriste brillant qui s'est jouer une fois de plus de l'absurdité du monde et de ses différents conflits.

 

La salle était comble pour ce jeune humoriste de 30 ans qui a commencé la tournée de son spectacle «Vends 2 pièces à Beyrouth» depuis plus d'un mois.

Une habitude pour lui jusqu'ici, le one-man show est un véritable succès : plusieurs salles complètes à la réservation, deux semaines au Trianon sans laisser une seule place de libre et un succès critique unanime.

Pour cause, le culot de Jérémy Ferrari fait du bien à un public qui vit dans une époque où le terrorisme, les guerres, les conflits politiques, israëlo-palestinien et autres se combinent sans cesse jusqu'à devenir nos plus grands tabous. Mais qui pensait rire des attentats du 13 novembre ? Qui pensait se moquer des victimes du Bataclan ?

Probablement lui seul mais au bout du compte, le public a ri sans réfléchir tant la maîtrise du personnage absurde et cynique de Ferrari sur scène est parfaite.

Sans auto-censure et beaucoup plus dur que son précédent one-man show «Hallelujah bordel !», Ferrari repousse toujours plus loin les limites du sérieux, à notre grand étonnement et stupeur dans un premier temps d'abord, pour nous embarquer ensuite dans un monde parallèle, là où les plus grands malheurs deviennent les plus grandes blagues.

Un exercice difficile pour installer le rire mais par un miracle inexplicable, une alchimie se créée dès les premières secondes entre le public et l'humoriste et la magie du spectacle est permanente jusqu'à la fin du spectacle.

Les sujets abordés sont d'actualités (le terrorisme, les financements douteux, les ONG...) et étudiés par l'artiste. N'en témoignent son cours d'histoire sur le Proche et le Moyen-Orient, ou encore son dossier téléchargeable sur son site qui contient toutes les sources de ses propos.

Une chose est sûre, l'humour noir de Jérémy Ferrari, en s'attaquant sans délicatesse aux sujets les plus acides et, justement délicats, fait réfléchir : qu'est-ce qui est le plus absurde ? Ce monde ou cet homme ? Son immense talent réside principalement dans le fait de posséder, de contrôler tout cet humour particulier sans jamais nous donner une mauvaise vanne qui nous donnerait elle-même une impression d'indignation constante.

Grâce à Jérémy Ferrari, le public français peut se permettre de rire de tout. Son spectacle est une pause humoristique presque nécessaire tant le terrorisme, fléau de notre époque, est défiguré. Ou peut-être pas tant que ça...

Florian