Les Robots

Même si on attribue souvent à Mary Shelley l’invention de la science-fiction en temps que style en lui même, c’est à Isaac Asimov que nous devons les romans d’anticipations tels que nous les connaissons. Fans de d’Uchronie, de CyberPunk ou d’autres Utopies, cet article est pour vous. 

 

L’aspect Vieillot de ce roman n’a d’égal que son culte: Pas besoin d'être né en 1920 ou d’avoir compris les barbarismes cités précédemment pour le connaître.

Asimov aura suffisamment fait connaître son Cycle des Robots que ce soit par Robbie, Le film I, Robot ou même par les trois lois de la robotique dont il est l’auteur:

 

  • Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, en restant passif, permettre qu'un être humain soit exposé au danger ;
  • Un robot doit obéir aux ordres qui lui sont donnés par un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi;
  • Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n'entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.

 

En effet, si cette couverture ne vous inspire pas l’horreur et la crainte, c’est que ces robots ne vous veulent aucun mal, ce qui, a l’époque de parution de ce premier tome, était plutôt original.

Jusqu’alors tout les romans de science fiction tournaient autour d’un même scénario:

Un beau jour, un savant ambitionne de donner vie à un tas de ferraille ou à un assemblage de membres par les propriétés magiques de l’électricité. Ce “monstre”, consciencieux et sensible, tente alors de s’introduire dans la société mais, face aux rejet de celle ci, s’enrage et finit par tuer son créateur. (Ou comment spoil toutes les oeuvres de science fiction du XIXe siècle aux années 1940)

Autant dire qu’aujourd’hui, l’électricité n’ayant plus de secret pour nous, ce genre de phantasme concernant ses effet n’ont plus lieux d’être. Cependant, deux siècle plus tôt, cette énergie, de part son aspect nouveau, intriguait beaucoup. Certain allant jusqu'à y voir une forme de remède à des maux variés l’utilisant à des fins médicales.

La science-fiction n’a pas toujours été aussi nunuche pour autant: Avec les progrès de la recherche, les auteurs de ce mouvement réussirent à rendre leurs récits de plus en plus cohérents et crédibles, face à un public de plus en plus instruit quand aux réelles propriétés de l’électricité. Cependant, ce “Complexe de Frankenstein” continuera de rependre ses récits de savants-fous-créateurs-de-robots-tueurs dans le monde entier allant jusqu'à provoquer un mouvement de mode en 1920.

 

En faisant des robots des êtres inoffensifs, Asimov s’éloigne donc de ce scénario type, devenu redondant à son époque. Il explique alors non pas comment la société s’est fermée aux robots mais comment les robots ont intégré la société. De la commercialisation des premières machines intelligentes à leur intégration aux plus hauts postes de notre hiérarchie.

Cette vision du futur est, pour le coup, très pertinente puisque malgré le demi siècle nous en séparant, Les Robots traite encore de sujet d’actualité à l’image des polémiques généré par les travaux portés sur les drones et voitures auto-dirigés. Les lecteurs les plus scientifiques ne seront pas déçus non plus; Hypers-espaces et courbure de l’espace temps seront entre autres utilisations des théories d’Einstein les moteurs du progrès humain décrits dans l’univers des cycles Robots et Fondation.

Pourtant pas besoin d’être le premier de la classe pour lire ces cycles. De par leur format, ces différents tomes savent donner matière à réfléchir sans pour autant se prendre la tête. En effet c’est sous forme d’un recueil de nouvelles que s’organise Les Robots, chaque nouvelle permettant de façon ludique d’aborder les différents problèmes rencontrés durant la mise en place de certains modèle de robots. Ce sont alors, soit Mike et Donovan, le duo de testeurs de l’US-Robots, soit Susan Calvin, Robot-Psycologue dans la même entreprise, qui s’attaquent au problème, tandis que le lecteurs, lui, recherche avec eux comment le résoudre. Et alors que l’énoncé de ce problème laisse perplexe l’esprit scientifique en chacun de nous, sa résolution nous laisse bouche bée face à l’immensité de la faille soulevée.

Néanmoins, ce format aura pour désavantage de décevoir les amateurs de Thriller puisque, étant un recueil de nouvelles, ce livre n’offrira pas de fins à suspens ou de dénouements sanglants et bouleversants. Malgré cela chaque chapitre en lui seul laisse le lecteur considérablement instruit; de quoi réfléchir longuement ou, si vous vient l’envie de partager ce livre, de quoi discuter des heures.

Le Cycle des Robots apparaît alors plutôt comme une excellente façons de se questionner sur les enjeux liés au développement d’une telle technologie. C’est donc a un public suffisamment mûr que je le conseillerais, sans pour autant me considérer comme vieux du haut de mes dix-sept ballais. Puis soyons honnêtes, les romans d’Isaac Asimov ne peuvent être lu d’un public thechnophobe. À hauteur de 300 pages par livre, les différents tomes du cycle n’ont rien d’effrayant et ne cesseront sans doute jamais de bouleverser les lecteurs curieux.


Pour ceux que j'aurais intéressé, Les Robots se trouvent dès 5.60€ un peu partout sous des formats bien moins poussiéreux que celui que je présente. Et alors nous pourrons discuter de notre désarrois face aux paroles de QT-1 ou bien encore de l’hilarante débâcle des Joviens.

Corentin