Gustave Parking

A l'occasion de la soirée des bénévoles de Quéven, Gustave Parking nous a régalé d'un spectacle hilarant entre jeu de mot et tour de magie !

Interview décalée de ce show man à la carrière atypique, injustement méconnu du grand public, mais terriblement drôle aussi bien sur scène qu'en dehors.

C'est notre deuxième rencontre avec Gustave et comme la première fois, il en a des choses à dire!!!

 

Speed : Pour commencer petite blague que l'on a dû vous faire : "où garez-vous votre voiture ?"

Gustave PARKING : Pas mal !

Speed : "... sur un parking naturellement !"

Gustave PARKING : Pas mal, non comme je suis fakir, je la gare sur les clous !

Speed : J'aurais dû la trouver, j'aurais été plus drôle !

Votre énergie sur scène, la qualité de vos textes, vous allez chercher ça où ?

Gustave PARKING : C'est une excellente question ! Bah partout je travaille, je lis les philosophes, je lis mes prédécesseurs et puis à partir de ça j'essaye de créer moi-même mes propositions artistiques. Et aussi je vis parce que pour faire des phrases et des réflexions faut vivre, faut s'intéresser à la politique, faut s'engager, je m'occupe d'agriculture biologique autour des Antilles, je fais pas mal de choses et ça me nourrit pour faire le spectacle. Si tu restes que dans le milieu du spectacle, tu vas rester un peu coincé sur les problèmes de couple, les choses comme ça. Là je parle assez peu des problèmes de couple, je parle plus des problèmes de société. 

Speed : A un moment dans un de vos sketchs où vous maniez une bulle de fumer enfermée dans une bulle de savon. C'est une chose que j'ai vu dans Delicatessen de Jean-Pierre Jeunet.

Gustave PARKING : A c'est drôle ce que tu me dis parce que je suis au générique de Delicatessen, c'est moi qui est formé Dominique Pinon à faire ça ! Il est venu chez moi et je lui ai donné un cours de bulle pendant deux heures et demie. 

 

Speed : Vous pensez quoi de la scène comique actuelle ? Vous êtes plus James Comedy Club ou On ne demande qu'à en rire ? 

Gustave PARKING : J'aime bien, ils sont drôles. C'est bien de savoir que l'on est dans un pays où les comiques sont porteurs de message de tolérance, donc je ne vais pas critiquer mes confrères, la jeune génération dynamique qui crée beaucoup de choses drôles, pertinentes, j'aime beaucoup.

Speed : Vous êtes un globe-trotter, vous avez joué dans plusieurs pays, sur plusieurs continents, vous avez créé des associations, vous faîtes des stages de cirque, etc... C'est important le casquette d'"humoriste-citoyen" ?

Gustave PARKING : Oui, humoriste/philosophe/citoyen, c'est le côté rablaisien de mes spectacles, même nietzschéen comme dirait Michel Onfray ! L'autre jour il disait, c'est important d'être comique, il faut être drôle, il faut déconner et lui tu le vois jamais exploser de rire. 

Speed : C'est vrai, il a un discours épicurien, mais ...

Gustave PARKING : ... mais il a du mal à l'être. Peut-être parce qu'il a une nature sérieuse sur les conflits sociaux, etc... Moi je pense et c'est ce que je dis dans le spectacle, et c'est une phrase du philosophe Karl Popper : "La quête du bonheur est vaine mais tout faire pour que le monde s'améliore vous procure forcément un vrai bonheur." Donc moi pour être heureux j'essaye d'être dans les associations qui peuvent faire avancer les choses et les gens qui m'entourent sont pareils, c'est de faire du bien avec leur compétence ! Elie Najberg, qui réalise des courts métrages pour internet, a détourné un film allemand et il a mis des textes de promotion pour mon spectacle, ça fait du bien et c'est bien. Et en même temps, il dénonçait le nazisme en ridiculisant Hitler ! 

Speed : Un coup de gueule et un coup de cœur ?

Gustave PARKING : Des coups de gueule j'ai en plein, par exemple les produits phytosanitaires comme l'eau de javel ne sont pas étiquetés comme étant  à ne pas mettre dans la terre ! Y a encore des paysans qui les mettent sur leur plante... Donc c'est ça mon coup de gueule : "mieux étiqueter les produits phytosanitaires dans les quincailleries pour dire de ne pas mettre dans le sol !" (rires)

Mais j'en ai plein d'autres : à la télévision, pourquoi ne pas répéter tous les jours les faits essentiels de nos sociétés ? Les personnes au chômage, les personnes qui dorment dehors, etc... parce qu'ils te le disent tous les trois mois, mais ne te le rappellent pas tous les jours ! Alors que quand un journaliste est enlevé, ils te le disent tous les jours. Donc ils devraient commencer le journal en répétant les faits essentiels de notre société, les plus grosses injustices qui choquent tout le monde : les paradis fiscaux, on en parle, mais on fait rien ! 

Et coup de cœur : Roosevelt 2012 (NDLR : le mouvement citoyen de Stéphane Hessel) et coups de cœur pour tous mes amis dont certains disparus comme Stéphane Hessel, Albert Jacquard, tous ces gens-là qui sont des gens bien ! Les gens courageux : Caroline Fourest, tous les gens qui se sont mis en avant à un moment donné pour des combats justes pour la tolérance...

   

Speed : ... mais pas Eric Zemmour ?

Gustave PARKING : Ah bah non, c'est un fourbe, il dit des trucs monstrueux ! Par exemple, il dénonce le lobby anti-raciste et pour moi c'est comme un propos raciste, c'est pour ça qu'il m'énerve. Il dénonce les "droits-de-l'hommistes" et si tu les dénonces, tu soutiens les "torturistes", les "dictatoristes". Je l'ai entendu dire des choses monstrueuses : que Khadafi avait raison de tirer à l'arme lourde sur la foule, que c'est grâce à ça que Napoléon avait tenu ! Il ne prenait pas les exemples de Mandela, de Ghandi et qui ont tenu sans faire ça. Il choisit dans l'histoire, parce qu'il connait un peu les choses, des exemples qui vont illustrer son propos à lui. Brusquement il dit : "tiens aujourd'hui je vais défendre Khadafi qui tire à l'arme lourde sur la foule parce que tout le monde le critique". Alors peut-être qu'il s'amuse avec ça, que c'est un jeu intellectuel c'est-à-dire : "vive le 18ème siècle", mais il y a des mecs qui le suivent au premier degré donc qui vont dire : "effectivement tous les mecs anti-racistes sont des hypocrites, des salauds, il faut qu'on puisse être raciste", il y a des mecs qui le pensent comme ça ! Donc voilà je dis Eric Zemmour c'est un type dangereux, c'est un manipulateur de foule pour des raisons perverses, parce qu'il est pervers. Une fois il était chez Ruquier devant Michel Onfray, ce dernier explique : "on peut être heureux sans avoir l'interdit, il n'y a pas que la transgression de l'interdit qui rende heureux" et Zemmour répond : "Ah non, on ne peut être heureux que si on transgresse l'interdit", pour lui le bonheur n'est que dans la perversion.

Speed : Il a été deux trois fois face à Onfray...

Gustave PARKING : Ouais mais il ne fait pas le poids, Zemmour a une espèce de culture générale alors que Onfray, on peut dire ce que l'on veut sur sa personnalité, c'est un type très brillant, beaucoup plus précis dans ces trucs. Zemmour c'est un hâbleur, il est près à dire n'importe quoi, il t'embobine, c'est un gros malin !

Speed : J'ai un petit questionnaire humoristique pour finir !

Gustave PARKING : Vas-y

Speed : Slip ou caleçon 

Gustave PARKING : (rires) Ce qu'il y a ! J'tombe sur un caleçon, je mets un caleçon. J'tombe sur un slip, je mets un slip. Et toi ? (en s'adressant à son régisseur)

Régisseur : Boxeur, c'est un mixte entre les deux !

Speed : Plutôt Hollande ou Sarkozy, je pense connaître la réponse ! 

Gustave PARKING : Plutôt Hollande quand même !

Speed : Plutôt PSG ou OM ?

Gustave PARKING : Plutôt OM parce qu'au PSG ils sont trop racistes, l'OM ils sont xénophobes, mais au PSG ils sont racistes. L'OM ils aiment pas ce qui n'est pas de Marseille, ils sont xénophobes, mais au PSG ils sont vraiment racistes les supporters ! A un moment je disais : "dans les tribunes y a Denisot et dans les gradins, y a deux nazis !" Mais pour tout dire, je suis ni l'un, ni l'autre.

Speed : Pas très foot en fait ?

Gustave PARKING : Bah je suis foot lors de la coupe du monde quand je vois le Sénégal face à l'Allemagne, comme tous les Européens, je défend le Sénégal. C'est pour ça que l'Europe n'existe pas ! Tu vois Italie/Cameroun, tu défends le Cameroun. Il n'y a pas d'équipe d'Europe, elle se ferait s'il y avait une équipe de foot, ils devraient faire ça !

Régisseur : On jouerait contre qui ?

Speed : Contre l'Amérique du Sud ?

Gustave PARKING : Ouais la coupe intercontinentale ce serait bien ! Putain ce serait bien ! (à son régisseur) Aller, on la monte (rires) "Allô Zidane, on veut un entraineur pour l'équipe d'Europe de foot ! "

Speed : Plutôt avion ou bateau ?

Gustave PARKING : J'étais avion, je suis devenu bateau ! J'ai un voilier, j'adore l'avion mais je préfère le bateau. Je ne ferai plus d'avion, je suis tombé en deltaplane.

Speed : Vous vivez aux Antilles, ce sont des îles, ici aussi il y a plein d'îles. Vous êtes plutôt Guadeloupe ou Groix ?

Gustave PARKING : Ah je suis Guadeloupe, ça fait 10 ans que je vis là-bas. C'est comme Groix, mais au mois de juillet, toute l'année. L'eau est à 29 degrés. L'air est au minimum à 18 degrés ! Y a pas photo ! 

Speed : Au niveau intime, vous êtes plutôt fille ou garçon ?

Gustave PARKING : Plutôt fille, mais j'ai déjà couché avec un mec quand j'étais bourré ! Je ne suis pas un intégriste de l'hétérosexualité, mais j'ai plutôt été avec des filles toute ma vie. J'aime bien les filles qui ressemblent à des mecs ! (rires)

Speed : Pour finir, avez-vous des projets à la radio ou à la télé ?

Gustave PARKING : J'ai plein de projet, mais comme j'ai trop de projets immédiats c'est difficile. Y a plutôt des gens qui ont des projets sur moi, ils font faire un film sur moi, ma vie en Guadeloupe, tout ça ! J'anime des stages d'improvisation dans les prisons, les lycées ! Je fais un gros travail là-bas de spectacle et de social. J'ai un projet avec Arte pour faire un professeur/savant qui fait des expériences avec mon cousin. Mais comme je vis en Guadeloupe, je n'ai pas envie d'être immobilisé ici par des projets.