Où sont les ogres ?

« Après le Fiancée de Barbe Bleue, adaptation libre du conte de Perrault, Pierre-Yves Chapalain creuse la figure de l’ogre, métaphore pour lui de nos sociétés libérales et qui évoque aussi le délicat passage de l’enfance à l’adolescence. »

Bon la, OK, c’est bien dit mais ce n’est pas de nous et nous c’est : Lou-Ann, Axel et Camille, voici notre opinion d’ « Où sont les ogres ? ». 

 

 

Où sont les ogres ? Est la forme théâtrale qui donnera naissance à l'automne prochain  à une plus petite forme à partir de 5 ans, conçue en miroirs : Le Secret afin de parcourir les petites salles (de classe, par exemple) entre ventriloquie et théâtre d'objets. Car pour les enfants « ça peut aider de rencontrer quelqu'un qui vit la même chose que soi. S'apercevoir qu'on est particulier mais qu'on a des traits communs permet de se faire une place au sein du monde. »

L’histoire de la pièce :

Une femme  vit seule avec sa fille qui ne sort plus de sa chambre. A l’écart des autres, tiraillées par d’étranges envies, elle ne se nourrit que de fruits, légumes et passe son temps sur internet à échanger avec une inconnue « Angelica ».
Discutant jours et nuits, une amitié aussi forte que virtuelle s’installe entre les deux amies, rythmées par les fois ou Angélica délaisse Hanna pour aller dormir.

Cette amitié soudaine et la vie introvertie d’Hanna inquiète sa mère qui fait venir un ami médecin. Sortir, se divertir, voir le monde… Voici autant de conseils qui permettront à cette jeune fille de s’oxygéner l’esprit.

Le patron du restaurant voisin a invité un cirque, l’occasion unique d’organiser une sortie mère / fille. Hanna invitée à monter sur scène va tomber de façon inattendue nez à nez avec une fille : Angélica, fille du restaurateur !

Entre réalité et fantastique les deux filles fuient le cirque, loin de leurs parents elles vont se livrer de terribles secrets…

Nos avis :

-       Lou-Ann : Une pièce tout public à partir de 9 ans, le metteur en scène cherche à faire un parallèle avec la société d’aujourd’hui. Les rapports humains, l’adolescence, les pulsions, l’amour, le désir.
Le décor se transforme selon les moments de la pièce, il accompagne la pièce et les comédiens.

-       Axel : Une pièce bien joué et intéressante mais surprenante, peut-être un peu trop ?
Super décor qui s’adaptait à chaque scène en se modifiant, effet de lumière, fumée…  Les comédiens jouaient bien leur rôle (fantasque et fou), les costumes étaient plutôt simples mais bien.
Selon moi, la morale de cette histoire est qu’en chacun de nous sommeil un ogre.
Une pièce accessible à tous mais attention : « petites natures » s’abstenir ;)

-       Camille : J’avais imaginé un univers plus enfantin. Il s’agit finalement d’une pièce assez complexe, loin de l’univers feutré et adouci de l’enfance « Où sont les ogres ? » se déroule dans un climat pesant et déroutant.
L’histoire peut être difficile à comprendre et on peut vite perdre le fil des dialogues, avec l’enchainement soudain des scènes, l’arrivée de personnes à des endroits inattendus.
Ce qui m’a beaucoup plus dans cette pièce c’est l’interaction avec le public, certains comédiens étaient au départ assis dans le public au milieu de tous, cela contribue à l’effet de surprise.

L’envers du décor :

Tout d’abord, merci au personnel du Grand Théâtre ainsi qu’à Pierre-Yves Chapelain et à toute l’équipe de la pièce pour nous avoir permis de voir « L’envers du décor ».

« Entre réalité et fantastique », « Le décor se transforme selon les moments de la pièce », « Super décor »… De ce côté-là, nous étions unanimes, le décor apportait beaucoup à la pièce. Un cirque puis soudainement une cuisine et un immense frigo, des poubelles, un salon…


C’est tout un travail de l’ombre qui met en lumière le jeu des comédiens, le décor a été élaboré en deux semaines, il a fallu ensuite mettre en place des effets (lumière, fumée, son...), trouver des méthodes pour faire ressortir les moindres détails.

Pour transformer les décors en cours de pièce il faut être souvent à plusieurs et discret à la fois dans les transitions.
On découvre donc un envers beaucoup plus complexe et minutieux que nous l’imaginions.

Lou-ann, Camille et Axel