Le clan des divorcées: rencontre avec les comédiens

Samedi 15 décembre nous avons pu interviewer Caroline Laure Dislaire, ancienne animatrice télé au Brésil,  Dominique Pierre Devers que vous avez surement vu dans le court-métrage « Mallard » du studio bagel et Claire Gérard comédienne de tous temps. Mais ce soir, ce sont trois supers comédiens que nous avons rencontré, juste avant qu’ils jouent « le clan des divorcées ». Une des pièces les plus modernes et les plus drôles qu’on ai vu !

 

Comment  faites-vous pour ne pas vous lasser après plus de 2000 représentations pour certains d’entre vous ?

Claire : Et bien on change de partenaire souvent (rire)… Non, je rigole ! C’est parce que moi j’ai assisté à la création de la pièce, son début, son succès et puis on ne peut pas se lasser des rires des gens.

 

De toutes les pièces, films, séries… etc, que vous avez joué c’est «  le clan des divorcées » que vous préféré ?

Claire : C’est difficile de dire ça. Mais c’est sûr qu’en terme de rire, c’est elle qui est la plus efficace.

Dominique : En termes de spectateur et de succès, il n’y a pas d’équivalence. Normalement, un spectacle de théâtre se joue généralement dans un théâtre devant 200 à 600 personnes maximum, alors que nous, on a joué devant 1000 à 1700 personnes. La pièce s’est jouée dans plusieurs Zéniths, les one man shows se jouent dans les Zéniths, mais pas les pièces. Pour ma part, j’ai créé une pièce il y a 16 ans à Avignon, c’est elle que je préfère, c’est vraiment la mienne, je l’ai écrite entièrement, je joue, je l’ai produite, j’ai tout fait tout seul.

 

Comment vous avez appris votre métier ?

Claire : C’est en étant confronté au public, petit à petit tu prends plus de confiance, tu commences à mieux te connaitre, toi et ton corps, qui est ton outil de travail. Tu sais ce que tu es et ce que tu as envie de raconter sur scène.

Caroline : Pour ma part, je pense que la comédie ne s’apprend pas. Le drame ça s’apprend mais la comédie non, si tu n’es pas drôle ou que tu n’as pas le feeling avec le public, ça ne marche pas.

Dominique : Si, il y a des techniques à apprendre c’est comme tout mais il faut avoir le minimum, un talent, c’est vrai que si on n’est pas vraiment drôle, ce n’est pas possible. Etre humoriste, ça se travaille, comme toutes les branches du théâtre. Par exemple : il faut savoir gérer tes déplacements, ta respiration, ne pas sur-jouer. Moi par exemple, dans la pièce, j’ai certaines vannes, si je les joue bien elles cartonnent, mais si je sur-joue et que j’abuse de mon accent, ça fait un bide. Après, ça dépend de ce que tu veux faire, si tu veux aller vers le monde de l’humour c’est une chose, si tu veux aller vers du dramatique c’en est une autre. Parce qu’il ne faut pas rêver, au début on ne va rien te proposer du tout. Moi j’ai décidé de me lancer dans cette aventure il y a 19 ans, au début j’ai écrit un monologue pour moi, parce qu’à 45 ans qui va me donner un rôle, c’est comme ça que j’ai décidé d’écrire mon premier spectacle et je peux te dire que je m’en suis pris des bides.

Dominique, vous jouez une femme est-ce difficile ?

En fait, au départ avec Alil Vardar, l’auteur et le producteur de la pièce qui est un ami, on se croisait souvent et il connaissait ma fameuse pièce dont je vous parlais tout à l’heure. Quand il m’a proposé le rôle de Brigitte, la première fois j’ai refusé parce que je n’avais pas le temps et au bout de la quatrième fois, j’étais disponible. Je jouais à l’époque dans un théâtre à Paris mais il a fermé pour des raisons de sécurité. Donc, je n’avais plus de travail. C’est à ce moment-là qu’il m’a proposé à nouveau et là j’ai dit « oui ». Mais je ne me voyais pas jouer une femme, l’idée du travestissement ne me plaisait pas du tout, je trouvais ça pathétique de me retrouver avec des talons, une robe, des faux seins, une perruque et du rouge à lèvre. Aujourd’hui encore, je n’aime toujours pas, déjà que j’ai un physique hors du commun, mais avec ça en plus,  je peux te dire que quand je rentre sur scène les gens rient.  Et très vite les gens se rendent compte que ce n’est pas une vraie femme.  J’avais arrêté de jouer ce rôle pendant deux ans, je viens de le reprendre il y a un mois et ça m’avais manqué. J’ai retrouvé une vieille amie et maintenant je commence à m’y habituer car Brigitte est le rôle principal, elle est attachante, les gens l’aiment très vite et elle ramasse d’énormes rires. Mais ça reste spécial, je n’aurai pas envie de retravailler un rôle pareil… quoi que (rires)

 

Caroline, vous aviez une émission de sport au Brésil et maintenant vous habitez en France. Comment vous avez rejoint le clan des divorcés ?

C’était il y a quatre ans pendant que je passais le casting pour « entre adulte », Alil m’a repéré parce que ça se passait dans son théâtre, par chance il est tombé sur moi. Il m’a envoyé un message un peu plus tard pour me proposer ce rôle. Il m’a montré un extrait de la pièce où on voyait Claire d’ailleurs. Alors j’ai dit que ça m’intéressait, donc j’ai passé le casting et il m’a prise.

 

Pendant cette tournée quel est le moment le plus marquant ?

Il y en a énormément, mais c’est surtout lié à des endroits comme le Sébastopol à Lille, c’est une salle très réputée, c’est l’Olympia du nord, c’est un vieux théâtre avec du bois qui craque de partout, c’est magnifique, dès que tu fais une tournée et que tu passes par le nord comme Dany Boon, t’es obligé de passer par le Sébastopol.

Et après un moment marquant sur scène… Il y a par exemple la fois ou une personne a vomi sur trois personnes, ou la fois ou le remplaçant de Dominique est parti aux toilettes en plein spectacle et on a dû improviser et quand il est revenu tout le monde l’a applaudi et il a répondu : «  bah dis-donc je ne pensais pas qu’on pouvait se faire applaudir en allant aux toilettes ».

 

Et est-ce qu’il y a un meilleur public ?

Alors on ne va pas se mentir dans le nord de la France, la Suisse et la Belgique le public est super. Dans le sud, un peu plus dur, ils sont les bras croisés et ils ne se lâchent pas. Ils te regardent en te disant hum… fait moi rire.

 

Est-ce que vous préférez être en tournée ou en résidence ?

C’est deux choses différentes. Il y a un truc qui est sympa en province, c’est que les gens ont le temps, ils restent à la fin pour prendre des photos, on échange avec eux, alors qu’à Paris les gens n’en n’ont pas. Mais jouer tous les soirs au même endroit c’est bien aussi, ça te permet d’être à côté de chez toi, de pouvoir profiter de ta famille, c’est un confort. C’est totalement différent par exemple, là ce soir, on dort dans un hôtel à côté de la gare de Lorient, on n’est pas chez nous on doit se trimbaler toutes nos affaires, nos costumes, y a tout un tas de contraintes qui sont liées à la tournée mais en échange on part dans pleins d’endroits, on rencontre pleins de gens, vous en faites partie d’ailleurs, vous faites partie de notre boite à souvenir de tournée !

 

Si vous pouviez modifier une chose à cette pièce, qu’est-ce que vous modifieriez ?

Rien… on risque la peine de mort (rires) ! Alil déteste qu’on modifie le texte ! Sauf de temps à autre quand il se passe quelque chose d’important dans l’actualité là, on a l’autorisation. Bon là on est à Ploemeur on n’est pas filmé, on peut s’autoriser des petits moments d’improvisations. 

 

Quel est votre rituel avant de monter sur scène ?

Claire : Je vérifie que tout soit en place comme je ne veux pas ennuyer les régisseurs, je le fais moi-même. Je vérifie la bouteille d’eau si elle est bien à la bonne place, l’étiquette si elle est bien dans le bon sens, je vérifie tout, même l’emplacement des chaises.

Dominique : Moi, j’aime bien écouter de la musique et toute sorte de musique, du jazz, de la variété, de la musique classique…

Caroline : Moi, je ne suis pas catholique mais je fais toujours la croix et je dis : « marie rentre », je respire un grand coup et je rentre. Ça me permet d’oublier mes problèmes, juste avant de rentrer je dis ça et je ne suis plus Caroline, j’oublie mes problèmes et je deviens Marie !

 

Quels sont vos humoristes préférés ?

Claire : j’aime beaucoup Fary, Djal aussi qui faisait des scènes ouvertes avec moi et Fabrice Eboué que je connais aussi.

 

J’ai vu Claire, que vous avez un one woman show, vous le jouez encore ?

Non j’ai arrêté, parce que le théâtre et le one woman show c’est complètement différent et je préfère jouer avec plusieurs personnes, je préfère l’échange. Alil, notre auteur, il compare ça souvent à un match où on doit se passer le ballon pour frapper dans le mille et envoyer une vanne. Et j’aime plus cette notion de partage, plutôt que d’être toute seule face à un public. Mais le one woman show, m’aura appris beaucoup de choses, ça m’aura fait me surpasser. J’ai vraiment débuté au début comme tous les humoristes en faisant 5 cabarets dans la même soirée ! Et c’est dure quand t’as un trou, t’es toute seule, quand tu prends un bide pareil et tu ne peux pas dire c’est de la faute d’un tel ou d’un tel, t’es seule ! Donc ça, je l’ai fait mais je préfère largement le jeu à plusieurs.

 

Pour finir, y a-t-il quelque chose que vous n’arrivez pas à jouer ?

Dominique : moi je n’ai jamais embrassé de filles et c’est frustrant (rires) mais ça arrange bien ma femme.

 

Interview signée Hugo Le Van