Review théâtre: Ennemi du peuple

Thomas Stockmann voit ses concitoyens se liguer contre lui parce qu’il veut dénoncer un scandale sanitaire: les eaux de la station thermale sont contaminées. Cette révélation menace la prospérité économique de la petite ville de province dont son frère aîné Peter est le maire. Les eaux sont empoisonnées, « L’Établissement des Bains » n’est plus qu’un décor de théâtre, celui de l’affrontement inévitable des deux frères...

 

Entre eux se dressera l’Opinion : celle de leurs proches, des voisins, des journalistes, celle de la petite bourgeoisie aussi, choyée, influençable et versatile. Une tension formidable se dégage de cette comédie féroce, malheureusement toujours d’actualité, puisqu’elle questionne les intérêts politiques et financiers, le combat pour la vérité et les choix d’une société.

 

Nous étions à cette première au Théâtre de Lorient, voici notre critique.

Le décor et jeu d’acteur

Le grand théâtre de Lorient et sa grande scène permettent de donner de l’ampleur à un décor. Celui-ci nous marquera dès notre arrivé.

De grandes vitres, un grand lustre, l’impression d’entrer dans une grande maison d’un milieu aisé.
Les personnages, mangent, discutent, s’expliquent.
Le jeu des acteurs était prenant, chacun tenait bien son rôle, on identifiait clairement les positions de chacun ainsi que leur personnalité.
Les changements de décors étaient fait en musique, pas de noir, pas de temps mort, ce qui était plutôt intéressant.
On entre progressivement dans l’histoire. Le docteur vient de découvrir l’insalubrité des eaux qui font le succès de la commune.

La pièce

Dénoncer ou étouffer l’affaire ?  La majorité a-t-elle toujours raison ? Quel doit-être le rôle de la presse, celui des institutions, celui des citoyens ?
La succession de comédiens : famille, presse, politique, citoyens, vont permettre de découper la pièce en différentes étapes.

Un peu long, près de 3h, seulement  50 minutes vraiment captivantes.

La première partie permet de comprendre le contexte, la position du docteur, frère du maire, celle de la famille qui le soutien dans sa démarche et celle du Maire qui  ne souhaite pas ébruiter l’affaire.
La pièce tarde malheureusement à se lancer, la première heure fixe le cadre mais manque d’intensité et reste un peu monotone jusqu’à la rencontre entre la presse et le docteur.

Nous entrons alors dans la 2eme partie de la pièce, le soutien de la presse pour dénoncer le scandale communal. Vivante et faite de rebondissement, les journalistes vont rendre la pièce dynamique, tout feu tout flamme, ils vont encenser la découverte du docteur avant de rebrousser chemin lors de la rencontre avec Peter. Ce moment de la pièce est riche en émotion, nous pensons le dénouement proche, le public est même incité à participer lors des prises de paroles du docteur, des journalistes et du Maire. On s’est levé, on a applaudi, pris parti pour les différents protagonistes. Le docteur improvise un monologue sur la démocratie, le rôle de citoyen et fait écho à l’actualité contemporaine récente. Nous sommes à ce moment la conquis comme le reste du public, des questions pleins la tête prêt à partir après 2h de pièce et surtout prêt à débattre de nos prises de positions sur les thèmes abordés sur cette deuxième partie.

Erreur de notre part la pièce n’était pas finie, on assiste ensuite pendant près de 50 minutes à la déchéance d’un homme n’ayant pas voulu céder à la majorité, obtus, convaincu à raison de ses convictions, on comprendra par la suite pourquoi le docteur s’est obstiné.
Cette troisième partie rend un bilan trop long pour une pièce avec un thème de fond très intéressant mais malheureusement trop monotone au début et à la fin.

 

Critique de Emy Le Bail