Quelques minutes après minuit

Date de sortie : 4 Janvier 2017

Durée : 1h48

Réalisateur : Juan Antonio Bayona

Nationalité : Espagnol, Canadien, Américain, Brittanique

Genre : Drame & Fantastique

Musique : Fernando Velazquez

Adaptation : Quelques minutes après minuit de Patrick Ness (scénariste du film)

Acteurs : Lewis MacDougall : Connor O'Malley

Liam Neeson : Le Monstre

Felicity Jones : La mère de Connor

Sigourney Weaver : La grand-mère de Connor

 

Synopsis :

Harcelé à l'école par des brutes, sa mère souffrant d'un cancer, son père vivant aux états-unis et en conflit constant avec sa grand-mère, Connor est un jeune garçon dépassé par les événements et plein de colère. Cependant, il parvient à s'évader et se défouler au travers des histoires d'un monstre venant lui rendre visite à 00:07.

 

Critique :

Réalisateur talentueux de L'Orphelinat et The Impossible, Juan Antonia Bayona a su créer un univers cinématographique caressant des thématiques comme le deuil et la mort, le lien familial, affronter des choses qui nous dépasse... Avec Quelques minutes après minuit, nous sommes en plein dedans.

La réalisation nous mène donc dans un univers mystérieux, plein de flous et d'incompréhension, appuyé par des plans gorgés de sens métaphoriques et une ambiance onirique. Le film jouit ainsi d'une mise en scène jouant sur les symétries et les couleurs, d'effets spéciaux plus que convaincants et de passages d'animation d'un esthétisme redoutable.

 

 

L'histoire de Quelques minutes après minuit a les allures d'une sombre fable, envoûtante et belle. Elle est d'une grande clarté et même si elle peut parfois manquer de rebondissements, cela n'en impacte pas l'immersion et la qualité du récit, celui-ci nous focalisant déjà suffisamment sur le besoin récurrent de retenir ses larmes. En effet, l'histoire est peut-être très belle, mais elle n'est pas particulièrement joyeuse.

Les messages qui sont véhiculés au fil du récit sont purs et forment une douce leçon de vie, formant presque une consolation en fin d'un film dur avec les sentiments de son spectateur.

La musique, composée par Fernando Velazquez, compositeur réputé notamment dans le cinéma espagnol, intensifie l’envoûtement que peut produire le film sur ceux qui le regardent. Elle est puissante, mélodieuse et coïncide avec merveille avec les plans et les ambiances s'y retranscrivant. Les notes sonnent comme des battements de cœurs dans les moments de tension et sont imprégnés des aspects fatalistes et fantastiques qui sont les piliers de l'univers de Quelques minutes après minuit.

Dernier aspect majeur de ce film, et grande qualité de celui-ci : son casting. En effet, les différents rôles sont interprétés par de très bons acteurs. Le monstre, incarné par Liam Neeson, paraît terrifiant mais gardent suffisamment les traits faciaux de l'acteur pour que l'on puisse reconnaître celui-ci, et apprécier ses mimiques, rendant la créature à la fois impressionnante mais humaine. Lewis MacDougall est aussi particulièrement marquant dans son rôle d'enfant déboussolé, il maîtrise son jeu d'acteur et ses expressions de visage, conférant une grande profondeur au personnage de Connor. Les autres prestations sont-elles aussi des plus réussites, avec une préférence pour Sigourney Weaver qui est une actrice pleine de charisme et de présence.

 

Avec Quelques minutes après minuit, Juan Antonio Bayona est actuellement sur un sans-faute dans sa filmographie. Il n'y a que peu d'aspects qui peuvent altérer le plaisir du visionnage, car l'ambiance subjugue et les émotions suivent. Mais le film pourra-t-il convenir à tous ?

Un aspect enfantin l'imprègne, mais les thématiques abordées sont particulièrement sombres et semblent concerner un public plus mature. Tout compte fait, le public visé, celui qui saura apprécier Quelques minutes après minuit est sûrement celui annoncé par le film dans ses premières minutes : « pas assez jeune pour être un enfant, mais pas assez vieux pour être un adulte », bien que là, nous ne parlons pas de l'âge d'un corps, mais celui d'une âme.

 

Speednote : SSSSS

Critique d'Erwan