Le musée des merveilles

Date de sortie : 15 novembre 2017

Réalisateur : Todd Haynes

Avec : Oakes Fegley (Ben), Millicent Simmonds (Rose), Julianne Moore (Lilian Mayhew)

Genre : Drame

Nationalité : américain

Durée :1h 57min

 

LE MUSEE DES MERVEILLES : UN VOYAGE MERVEILLEUX ?

Nouvelle création de Todd Haynes (« Carol », « Velvet Goldmine »), l’œuvre éblouit de sa beauté visuelle et sonore malgré de nombreux petits défauts ainsi qu’une fin plus terne. Le film, ni extraordinaire ni mauvais, voyage et surprend.

 

« Le musée des merveilles » se déroule sur deux époques distinctes et relate les parcours de Ben en 1977 et de Rose en 1927. Ces deux enfants souhaitent secrètement que leur vie soit différente. Ben est un orphelin et rêve du père qu’il na jamais connu tandis que Rose, isolée par sa surdité, se passionne pour la carrière d’une mystérieuse actrice, Lillian Mayhew.

Lorsque Ben découvre dans les affaires de sa mère, Elaine, l’indice qui pourrait le conduire à son père, Rose apprend que son idole sera bientôt sur scène. Les deux enfants se lancent dans une quête à la symétrie fascinante qui va les mener à New York.

 

Le parallélisme entre les deux époques est remarquable : d’un certain hommage aux films muets en noir et blanc ainsi que de l’époque du Bronx aux États-Unis, le film voyage parfaitement à travers ces différentes périodes Les transitions y contribuent fortement également ; les histoires des enfants sont différentes mais sont reliés habilement par des mots voir des objets tel qu’un orage ou une baleine. Certains passages, notamment à la fin, sont filmés avec des figurines et des faux décors. Cela apporte une subtile touche onirique et délicate démontrant les risque que prend Todd Haynes. Il ne se contente pas de filmer, il tente.

Le travail sur le son est incroyable. C’est ici que réside les « merveilles » vendus par le titre du film. L’esprit des années 70 à New York et l’esprit des années 20, date du début du cinéma parlant, sont tous deux crédibles grâce à cela. Le film tient sur cette ambiance sonore rendant cet élément essentiel dans la construction de l’œuvre et dans son côté réaliste. Des bruits étranges et stridents, à peine audibles, s’entrelacent dans les cauchemars de Ben. Le film mélange rêves et réel, années 20 et années 70, sans perturber et sans choquer le spectateur. Les choix des musiques sont toujours très justes avec, par exemple, un frissonnant « Space Oddity » dès le début donnant ainsi une dimension énorme à la scène.

Tout n’est malheureusement pas parfait. Le jeu de l’acteur principal, Oakes Fegley, est souvent surfait comparé à Millicent Simmonds. Le contraste est trop élevé entre les deux enfants et cela est fort regrettable. Le film est beau, avec certaines prises de risques, cependant il manque cette touche de magie pouvant transcender, emporter l’œuvre dans la catégorie que peu de films peuvent se vanter d’appartenir. Il manque cette touche de folie et de perfection.

Le musée n’est peut-être pas assez présent. Il n’est qu’un décor et n’a pas une place prépondérante alors qu’il fait parti du titre du film. Son apparition ne se fait que vers la moitié du film mais cela ne reste qu’un simple petit défaut.

Finalement contrasté, on ne sait pas si l’on doit être ébahi ou déçu. Le film est divertissant toutefois il lui manque cette dernière marche à gravir afin d’en faire une œuvre sublime. Regrettable mais agréable, « le musée des merveilles » reste un très bon film pour les plus petits comme les plus grands.  

Speednote: 3,5/5

Léo E.