Les Insolents 2012 : Let's reggae

 

 

Le festival Yakayale a abandoné son nom très "world music" pour le plus court et plus efficace Insolent

Deux soirées au programme: un très electro à Quimper avec les Bloody Beetrots Death Crew 77, Etienne de Crecy et autres DJs et celle du parc des Expositions à Lanester à la programmation majoritairement reggae (Ky-Mani Marley, Groundation, Danakil...) et avec quelques ovnis comme Shakaponk, Method Man ou Genral Elektriks

Voici le récit de la soirée lorientaise!

 

 

Après une attente interminable dans le froid lanestérien, le festival commence à 18h. Première bonne surprise: la Parc des expositions est aménagé de telle façon que deux scènes co-existent et que passer de l'une à l'autre ne correspond pas à un parcours du combattant. Bref, si le concert auquel on est ne nous plaît pas, on peut facilement voir si la musique n'est pas plus verte dans la salle voisine. Et vu que la programmation de cette année compte autant de têtes connues que de plus petits groupes, on a l'impression de découvrir quelque chose à chaque fois.

 

 

 C'est donc Boulevard des Airs qui ouvre ce festival avec une musique inqualifiable, bourrée de pep's, de textes mélangeants les langues et de musiciens qui s'éclatent vraiment sur scène. De la bonne humeur à l'état pur, on saute, on hurle les refrains qu'on a compris et on refait l'équivalent de celui qui criera le plus fort sur une des chansons. On est bien loin d'une chanson française larmoyante, murmurant sa triste vie. J'ai adoré et je vous le conseille vivement en live ou même pour mettre un peu d'énergie dans son mp3

 

 

 

 

On passe au Hall 1, pour voir Hollie Cook, un joli brin qui place sa voix sur des accents reggae. Très sympa mais personnellement le live ne m'a pas emballé, un côté un peu trop "posé" pour un début de soirée et puis le côté instrumental et voix haut-perché a tendance à fatiguer à la longue. Pour être totalement objectif, je dois avouer que je n'écoute pas beaucoup de reggae et donc que je suis assez peu habituée aux rythmes lents. Au final, une joli performance mais pas assez mise en valeur par la situation à mon avis

 

 

 

 

On change à nouveau de hall et voici General Elektrics, un groupe pop-electro aux rythmes entêtants. Outre les vêtements rigolos des membres du groupe, pas mal des chansons sont vraiment sympa. Mais comme souvent dans l'electro, ou on accroche directement ou le morceau semble interminable pour cause de répétition. Donc des hauts et des bas pour ce groupe qui reste quand même ultra-classique de synthés et dont on a une impression de déjà-vu car c'est toujours ces chansons qui terminent dans des pubs à la télé. Mais bon, c'est toujours sympa en concert de répéter 10 fois des paroles sans profondeur mais qu'on retient vite

 

 

 

 

Alors voici le grand mystère de cette soirée. En apparence Nneka se rapproche de Hollie Cook, une fille se basant sur sa voix (ça c'est un peu habituel pour une chanteuse) et sur des rythmes reggae et entourée de musiciens. Mais au niveau du ressenti, aucun rapport. J'ai trouvé Nneka beaucoup plus entrainante, moins dans le schéma jolie-fille-à-jolie-voix. On retrouve mieux une ambiance à la fois planante c'est vrai mais absolument pas statique. Pour un festival, c'est logiquement plus agréable de pouvoir danser. Une très bonne découverte pour moi.

 

 

 

 

 

Comme le proclame fièrement cette pochette d'album, Ky-mani Marley veut faire "comme Papa", difficile d'y echapper quand on descend du monstre sacré du reggae. Maintenant, je n'ai pas vraiment apprécier ce concert car vraiment intéressant pour les reggae-philes. Mon amie a, elle, adoré entendre les chansons de l'idole, même reprises de façon évidement sans aucune originalité. Le procédé m'énerve vraiment je dois l'avouer, être le fils de Bob Marley ce n'est pas être Bob Marley et vivre des chansons et de l'image de son père est sans aucun intérêt artistique. Choisir d'être une pâle copie, c'est génial mais ça mène pas loin.

 

 

 

 

 

 

J'ai donc quitté très vite le fifils à Papa pour rejoindre certainement mon groupe préféré en live, Shakaponk. Une bonne grosse claque visuelle, musicale et de quoi bouger sans interruption pendant tout le concert. Au moins, niveau originalité, ce sont les derniers qu'ont peu accuser d'en manquer. La présence de Goz, ce cher singe virtuel même sur scène c'est toujours un plaisir avec notamment une battle mémorable entre donc un écran et la vrai batteur, des chanteurs toujours aussi habités et expressifs. C'était aussi le groupe à pogos de la soirée vu que faire un pogo sur du reggae c'est un poil difficile. Shakaponk, c'est un peu un défouloir pour le corp, un feu d'artifice pour les mirettes et une explosion pour les tympans. Là je dois concéder une totale subjectivité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Method Man, le seul artiste de rap. Je ne suis pas allé voir le concert et donc dont je m'abstiendrait de parler.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Alors voici le groupe de reggae pur et dur: Groundation. Pour une néophyte comme moi, toute l'idée que je me faisais de ce style de musique est là: un rythme lent, des paroles mi-scandées mi-chantées, des instrumentales repérables à milles kilomètres à la ronde, des paroles où "world", "free" et "love" sont omniprésents. Plutôt agréable, certainement merveilleux pour les puristes mais je pense qu'il faut avoir déjà une culture-reggae pour l'apprécier à sa juste valeur. Pour moi, sympathique mais sans plus.

 

 

Voilà un concept rigolo: le Pied de la Pompe c'est au départ deux musiciens-hommes-orchestres ayant chacun trois instruments à la fois et des textes sympas. Et pour une tournée éphémère, ce duo s'est acoquiné de Guizmo du groupe Tryo, Zeitoun de La Rue Kétanou et Alee. Ce collectif enchaîne chansons des uns et des autres, toutes engagées, poétiques mais pleines de bonne humeur. Ca court, ça enfile des déguisements de gendarmes, c'est une ébullition de personnes qui ont vraiment l'air d'être ensembles et de mélanger les répertoires de chacun. 

 

 

 

 

Et voici le final: Danakil, le groupe de reggae français. Très connu pour sa chanson "Marley" (et oui, il était partout ce soir), ce groupe sympa représente la scène reggae française, peu médiatisée mais pleine de ressource. Le seul reproche que je leur fait, c'est d'enchaîner les poussifs et rester un peu planplan, surtout les textes: "Devant le champs de roses, je prendrais la pose" on va pas dire que Baudelaire se sent inquiété. Mais bon, ça bouclait bien une soirée assez agitée.