Les Nuits Soniques 2012


 

Le 17 novembre 2012, la ville d'Auray a donné l'occasion aux morbihanais d'amener leurs oreilles en vacances et d'apprécier la scène belge, avec BRNS, Purple Mountain et Absynthe Minded.

Voici le compte rendu de Florian Carrelet, étudiant à l'UBS de Lorient.

 

Tout en soufflant machinalement la malodorante fumée, j’écrase mon mégot dans le cendrier et quitte le coin fumeur, sensible à l’appel des premières notes qui commencent doucement à faire vibrer l’enceinte du Petit Théâtre d’Auray, en ce 17 novembre 2012. Je monte doucement les amples marches de marbre et arrive dans la modeste salle, à l’accoustique particulière, où les premiers bardes ouvrent le bal. C’est avec plaisir que je retrouve alors un chanteur que j’avais déjà vu à l’Echo Nova, Dorian Sims, accompagné d’un batteur, Ronald Doucet, et … c’est tout. « Ca doit manquer de ci, ça doit manquer de la », me direz-vous peut être, et bien que nenni ! Le duo vannetais vous berce d’une calme mélodie qu’il porte à force de crescendo harmoniques et rythmiques sur un son péchu, énergique, non sans rappeler du Jack White, et les Strokes (mais un peu moins tout de même, j’ai trouvé). Purple Mountain a notamment pu être vu à la 11ème édition du désormais feu festival de St Nolff, et surtout cet été aux Jeunes Charrues. Le groupe binaire autant dans le nombre que dans le style de musique qui oppose phases calmes/puissantes, est donc porté par une guitare et une batterie tantôt précis, tantôt aux sonorités un peu plus « baveuses » à tendance hard rock, et un chant qui peut autant vous faire hocher bouger la tête en rythme que partir en pogo. Ils mettent de l’énergie dans la salle remplie, ils aiment ça, ça se voit, et je ne peux m’emêcher de baver devant le matériel Orange. Il ne manque rien, sauf une bière. C’est donc au bout du set un peu trop court au vu de la qualité du seul groupe morhihannais de la soirée que la providence me fait une fleur, un ami à moi me tend une Delirium Tremens bien fraîche, soirée belge oblige !

 

C’est donc les lèvres portées au doux breuvage que s’engage la suite du spectacle, avec les Absynthe Minded, un groupe plus nombreux, 5 musiciens, qui s’est déjà taillé sa place dans le monde musical depuis 1999. Pas moins de 6 album depuis 2004, le groupe est un habitué de la scène, c’est donc un plaisir de les retrouver devant soi. C’est là quelque chose de plus calme, plus rêveur, avec des instruments que l’on s’attendrait à retrouver dans un groupe de jazz, mais tout aussi rythmé. Le groupe est frais et il ressort quelque chose d’assez surprenant de leur show. En effet, les instruments se mélangent et changent au fur et à mesure, on se retrouve ainsi avec 2 (magnifiques) guitare jazz, une guitare acoustique, une basse, une contrebasse, un piano, un orgue électronique, un violon, une batterie, et je crois que le compte y est. On retrouve ainsi un mélange hétéroclite de jazz, de rock très moderne, de rock’n roll, de musique des pays de l’est, et tout ceci sans couac. Les premiers rangs du public sont en feu, le Petit Théâtre n’a plus rien de petit, et revêt les habits d’un concert privé de groupe expérimenté et reconnu dans le milieu. Le pied.

 

C’est après de longues minutes d’attente, et oui, le temps de tout désinstaller et de tout réinstaller pour le dernier groupe, que débute la fin. Et bien alors là, déjà que j’étais comblé, j’ai pris une sacrée claque. BRNS (à prononcer « Brains »), c’est 4 musiciens devant guitare, synthé ou deuxième guitare, un autre synthé, un xylophone, des cloches à moutons (riez donc, mais cela apporte une légèreté des plus plaisantes), une cymbale, et une batterie. J’en ai vu des batteurs, mais ça faisait bien longtemps que je n’en avais pas vu un taper comme ça sur ses peaux. Précis, rapide, puissant, varié, et tout ça en chantant, et posé sur le même tapis que celui où votre petit frère joue aux petites voitures. Il donne une impulsion dantesque au groupe, une énergie qui parait sans limite. Ce serait mentir que de vous dire que j’ai passé toute la durée du set accroché à ses mouvements de baguettes, mais vous voyez l’idée. L’ambiance s’installe avec un jeu de lumières assez bien géré dont j’ai d’autant plus profité que je suis arrivé au premier rang. A titre de comparaison, il suffit d’écouter leurs influences : Le Loup (écoutez l’album Family), et Animal Collective, vous donnerons une idée assez précises du type de musique. Harmonieuses mélodies très rythmiques, accompagnées d’un choeur des 4 musiciens puissant, aigüe et lyrique. Les moments où je ne regarde pas la scène, je ferme les yeux et je rêve. Leur album Wounded est envoyé énergiquement, ils sont tous à fond dedans, la salle adore. Et moi je jubile.

 

Le groupe part sans plus de cérémonie sans nous faire l’honneur d’un rappel, mais je suis rassasié. De grande qualité cette année, le choix des groupes est vraiment au poil. La scène belge en a à revendre avec un groupe qui a fait ses preuves et un autre plus que prometteur, que j’irai revoir sans hésitation. Pour ce qui est du premier duo, les Purple Moutain, ils sont partis pour aller loin, alors allez les voir dès que vous pouvez, tant qu’ils sont encore dans le coin.

Un seul bémol à mon avis, la sono était assez mal réglée, un peu trop forte peut être pour une salle si petite où le matériel des musiciens suffirait certainement. Mais l’acoustique doit être très spéciale à gérer, je conçois donc qu’il ne soit pas facile de régler au décibel près. Un grand, que dis-je un énorme merci à l’équipe de Garatoi! qui a fait des merveilles, et nous a choisit un panel de groupe aux petits oignons. Un énorme merci à Aurel qui a été très sympathique, et que je recroiserai j’espère lors de la 19ème édition des Nuits Soniques qui ne tardera pas j’espère !

 

Finalement un grand merci à la ville d’Auray pour accueillir ces manifestations qui font bouger la ville, on en voudrait plus !