Review: Nordik Impakt

C’était la semaine dernière, à Caen, ou s’est déroulé pour la 18ème fois le festival au nom percutant « Nordik impakt ». Un festival dont la vocation est " de défendre, de faire reconnaître et de partager la richesse des cultures électroniques ». Un festival qui a vu passer des grands noms de la techno comme Len faki, Agoria, Boys Noize etc… ou d’autres tout aussi connus, mais bien loin de ce genre comme Metronomy, The Do ou encore Stupeflip. 

 

Une 18ème édition exclusivement techno/electro avec en tête d’affiche Ben klock qui vient tout juste de fêter ses 10 ans du fameux et mystérieux Berghain, ou encore Mr.Oizo, figure majeure de la « french touch », sortant tout juste son nouvel album « All Wet », en français « tout mouillé ». Cette année, c’est au total 58 artistes qui se sont produits dans différentes soirées aux lieux insolites, tel que la représentation de Tim Dup dans l’appartement du préfet a la préfecture de Caen ou encore aux galeries Lafayette pour French 79. Les deux grosses soirées que tout le monde attendait, se déroulaient dans les 16.000 m² du parc des expositions de la ville.

 

Vendredi :

Le vendredi, c’étaient 10 artistes repartis sur deux scènes : Hall of fame pour la techno et Hall of death pour les genres plus extrêmes, comme le hardcore du hollandais Angerfist ou la raggatek de Vandal.

Les trois grands attendus de cette soirée étaient Mr.Oizo, Sam paganini et Angerfist.

On retiendra les 2h du puissant set de l’italien Paganini qui a « extasier », avec un son mental et dark, le public caennais, contrairement à Mr.Oizo, le grand attendu du festival qui lui, après avoir joué quelques-uns de ses tubes, comme le planétaire Flat beat et certaines tracks de son nouvel album, a enchainé avec un set purement commercial, s’éloignant de très loin du style décalé et singulier qui fait justement le charme de ce Mr.Oizo. Une déception d’autant plus grande que les photographes y étaient interdits et le show lumière partiellement assuré. L’autre Français Popof aura, quant à lui, été fidèle a son propre style, la house techno, un son bien plus posé que ses confrères, qui aura parfaitement introduit cette soirée.

La scène Hall of death a laissé place a des genres bien moins « raffinés », comme la frenchcore de Maissouille et le hardcore d’Angerfist. Une ambiance bien différente mais qui a son charme.

Sam paganini 

 

Samedi :

Le samedi c’était la soirée de clôture du festival qui a commencé à 21h et qui a fini a 6h le lendemain. Sur les trois scènes du parc des expositions se sont produits des artistes grandissants de la scène électro française, tel que le jeune rouennais Petit Biscuit, mais aussi  des groupes caennais comme le groupe  Electro-pop  Samba De La Muerte et le petit nouveau du label Ed Banger, Fulgeance. 

Au fur et à mesure de la soirée, les différentes scènes ont laissé place à une ambiance de plus en plus underground, relevant plus du mouvement « free party ». Avec des DJ importants de la scène de techno allemande tel que Ben Klock, Dixon, Boris Brejcha et Ellen Allien. Ben Klock est resté ce samedi dans son style purement techno avec certaines tracks d’acid. Boris Brejcha a également présenté un set de techno minimale qualifié par certains comme « High-Tech Minimal ».

Egalement, un collectif techno caennais Factori Crew était  représenté par un de ses DJ, Nikolson qui a lancé, pour clôturer la scène Hall oh death, son  set de  Drum n Bass.

Une soirée représentant tous les styles d’électro, de la culture électro pop à la culture techno en passant par le mouvement Hardcore.

La société Art Lights assurait le show de lumière sur les trois scènes. Un show bien assuré mais qui manquait tout de même de lazer, élément caracteristique de la techno qui aurait bien pu être fusionnel avec l’acid techno de Ben Klock. Bien dommage pour un festival de cette envergure.

                 

 Ellen Allien (à gauche) et Ben Block (à droite)

C’est sur un magnifique set de Ben Klock que s’est clôturée cette 18ème Edition de Nordik Impakt, deux jours intenses et fatiguants, qui auront, au gré des kick et des basses, malmené nos tympans qui depuis sifflent toujours. Un festival présentant des genres d’électro variés et toujours de bonne qualité. Une communication irréprochable, un graphisme soigné, un site internet impeccable, proposant même une application mobile pour suivre en direct le déroulement de la line up. Un accueil chaleureux de l’équipe bénévole et une organisation parfaite. Le seul bémol serait donc le manque de recherche scénographique qui manquait certainement de lazer pour donner une autre dimension à la musique. Un festival qui saura ravir les amateurs de techno, mais pas autant que son homologue breton Astropolis qui reste bien au-dessus proposant des décors, des lights bien plus élaborés.

Reportage signé Josselin