IndisciplinéEs: dernière soirée

Une foule d’individus attend impatiemment l’ouverture des portes de cette dernière soirée de la 12ème édition des IndisciplinéEs. Quai 9, inauguré récemment, est entièrement décoré pour l’occasion par les soins du collectif de récupération Idées Détournées (IDD pour les intimes) : Des boules lumineuses jaunes, roses et bleues descendent du plafond, des bancs et petits sièges colorés sont éparpillés à l’extérieur de la salle.

 

La soirée débute quand Josman arrive, le rappeur parisien enchaîne les sons devant un public de plus en plus chaud. Malgré une belle voix, il ne nous est pas apparu très innovant, rappelant Damso, Josman a un air de « déjà vu » qui nous laisse dubitatives.

La façade d’un kebab trône au milieu de la scène, l’enseigne clignotante éclaire le jeune homme au bob Game boy color pikachu si caractéristique. EHEH ..C’EST LOLO ! Dès les premières notes la foule est en délire : Lorenzo est dans la place, montent tour à tour sur scène Rico, Yro, Chaps et Sacha pour le plus grand plaisir des fans de Columbine. Le rappeur rennais, dit L’empereur du sale, est trash, macho et vulgaire, mais on ne peut que s’attacher à ce personnage délirant qui, au fil des sons, nous apparaît désabusé, coincé sur son trône de grand méchant (cf Petit Prince). « On va faire comme au Hellfest ! Formez un cercle, et bagaaare ! » Maudites par cette pratique ancestrale de concert, nous nous sommes retrouvées au milieu des cercles de pogos quand ils se sont formés. On conclue sur le refrain de Freestyle du sale répété de plus en plus fort jusqu’à épuisement total.

Suit après Kokoko ! Le groupe congolais a accepté de répondre à quelques-unes de nos questions avant de monter sur scène. 

Pouvez-vous présenter l'univers de votre groupe et ce que vous faites comme style de musique? 

- On fait de la techno kintueni, c'est-à-dire une fusion de deux musiques : la musique techno et la musique kintueni, qui est la musique d'origine d'Afrique, c'est le Zague style. Et après dans le groupe aussi évidemment il y a toute une partie sur les instruments inventés, et fabriqués à la main, qui inspirent la création avec la sonorité de l'instrument, qui donne des idées pour composer... On a aussi des machines électroniques, et en mélangeant tout ça on a un style un peu particulier, différent. 

Comment ce groupe s'est-il formé et pourquoi ce nom? 

- Le groupe s'est formé en juillet 2016 à Kinshasa. (Debruit) Moi j'ai été invité par un réalisateur qui filme les artistes à Kinshasa et qui voulait que je vienne voir les musiciens. On s'est donc rencontré à ce moment-là, certains artistes se connaissaient, d'autres pas, par exemple Boms et Makara se sont rencontrés aussi au moment où le groupe s'est formé. Boms créait déjà des instruments avec des amis musiciens et des performeurs artistiques plus contemporains. Makara était plus déjà sur des musiques électroniques, avec plein de danseurs autour de lui, il a travaillé avec un chorégraphe et joue 6 soirs sur 7, 4 heures de suite! Le groupe s'appelle "KOKOKO!", ce qui signifie "toc toc toc" ou "knock knock". Il faut toquer pour l'ouvrir. Et si la porte ne s'ouvre pas, on vient frapper un peu plus fort et... ça s'ouvre! 

Votre meilleur et votre pire souvenir de concert?

- Bruxelles, Paris aussi... Genève... En fait à Bruxelles c'est particulier : on y a joué deux fois. La première tournée la salle était complète, alors que ce n'était que notre deuxième concert, et il restait 200 personnes qui voulaient rentrer mais qui n'ont pas pu. La salle était vraiment très agitée. A Bruxelles, il y a beaucoup de gens de la communauté congolaise, des jeunes qui ont toujours entendu la rumba congolaise avec la musique de leurs parents, et là ils trouvent quelque chose d'un peu nouveau, qui vient de Kinshasa. Il y a beaucoup de gens qui sont monté sur scène avec nous... C'était très énergétique!

On n'a jamais eu vraiment de mauvaise expérience. Partout où nous avons joué les gens dansent et ça s'est toujours bien passé.

- Quelles sont vos inspirations dans la musique d'aujourd'hui?

L'inspiration ça vient partout. Nous en Afrique il y a plein de bruit : des églises, des bars, des vendeurs de vernis... En fait à Kinshasa il y a plein de sons, de sonorités déjà dans la ville qui peuvent t'inspirer, et des fois tu entends deux choses à la fois, et c'est comme un mix, parfois ça fait des mélanges un peu spéciaux, et tous ces vendeurs au marché... Par exemple si tu fermes les yeux, tu sais qui est autour de toi, parce que les vendeurs de vernis, ils tapent leurs bouteilles donc ça fait tel son et telle rythmique, les cordonniers ils ont leurs outils en bois, des élastiques, les gens qui annoncent les directions des minibus... C'est une ville très sonore. Boms, il récupère tous ces matériaux-là, et des nouveaux sons...

- Quel est votre rêve en tant qu'artiste?

Devenir grand dans le monde. Et jouer dans un stade à Kinshasa, au stade de France... Partout dans le monde! C'est ça, le rêve ultime. Et bien sûr d'amener du nouveau, on essaie de faire voyager les gens.  

Enfin est arrivé Leska, le duo de dj rennais, que nous n’avons malheureusement pas eu le temps de voir mais qui, d’après nos informateurs secrets, a beaucoup plu aux restants !

VOIR L’INTERVIEW DE LESKA

 

Koupâ et Lila