Charrues 2016: Jour 1

C’est dans la bonne humeur que nous arrivons  aux Vieilles Charrues. A peine arrivés à l’espace presse, Her fait ses balances,  le riff de 5 Minutes nous accompagne dans l’écriture de ce premier article.  

La programmation comme chaque année se fait côtoyer poids lourds internationaux et artistes de niches. De Last Train et Lady Like Lily pour commencer à Her ou la sublime Jeanne Added, coup de cœur de Speed, la première journée démarre en fanfare.  Etienne de Crécy et Mickey 3D clôtureront avec le traditionnel feu d’artifice cette soirée du jeudi dans l’impatience des prochains jours.

 

La première conférence de presse de cette 25°édition nous présentait le festival, « atypique » parmi les autres. Les Vieilles Charrues, c’est un modèle unique, tant dans l’humeur que dans l’économie. Un « festival avec des valeurs » donc, celle de la « terre ».  Une certaine idée du bénévolat et une ambiance que peu d’autres ont.  Le président de ces Vieilles Charrues en est conscient, il s’agit avant tout de faire la fête, de permettre aux gens de mettre de côté leurs problèmes.

Cette fête est assurée par une programmation qui se permet tout, qui fait chanter côte à côte Lou Doillon et Major Lazer et lorsque on dit qu’il faudrait être fou pour programmer  David Guetta aux Vieilles Charrues, le DJ aux cheveux blonds se retrouve à l’édition de 2015 ; « et ceux qui critiquaient faisaient la fête ».  « Le meilleur public de France et encore » est mi-juillet à Carhaix, et « devrait se faire rembourser par la Sécurité Sociale » nous dit Jean-Luc Martin, le président. 

Les Vieilles Charrues, un festival avec une éthique ; et Jean-Luc Martin le jure, jamais il ne sera vendu à des marques. Le modèle économique cependant avec les ans et la crise de l’industrie du disque a dû s’adapter. Les cachets des artistes a augmenté, mais pas le prix du billet. Ce petit miracle est tout d’abord rendu possible par l’affluence exceptionnelle des festivaliers, c’est-à-dire que pour ne pas perdre d’argent, il faut 190000 tickets vendus, chiffre explosé en cette édition anniversaire qui accueillera aura vendu à peu près 276000 billets. L’association des Vieilles Charrues est à but non-lucratif, mais ne doit pas perdre de l’argent et si 80% de l’équilibre budgétaire est réalisé grâce aux ventes de billets, 20% est réalisé grâce aux mécènes et autres partenariats.

Derniers chiffres : en 25 ans de festival, ce ne sont pas moins de 1285 artistes qui ont foulé les plaines du centre Bretagne.

 

Mansfield TYA : détendu aux Vieilles Charrues ! Le groupe nantais apparaît de bonne humeur en conférence de presse quelques heures avant leur passage sur scène où se jouera leur musique « mélancolique ». Cette musique si particulière, si indentifiable au groupe, s’élabore dans un studio en bord de mer, ou davantage « une maison de vacance avec pleins d’instruments », sorte de « laboratoire » où elles peuvent « composer et cuisiner » leur musique, faite de dénuement. L’idée est de créer une « musique minimale, essentielle », en rupture avec « un format spécifique de la chanson française », « festive » avec des «accordéons » ; car l’engagement artistique est total. Les paroles sont soignées, précieuses et puissantes aussi et clips qui les imagent sont d’autres œuvres, qu’elles laissent à des plasticiens.

Outre Mansfield TYA, la chanteuse officie également avec le groupe Sexy Sushi. Alterner les différents projets permet « de se renouveler », « partir et revenir avec de nouvelles idées »

  

Premier concert d’ouverture du festival, Last Train ! Départ assez compliqué pour ce groupe, les festivaliers n’ont pas su réellement lâcher prise dès la première chanson. Peu à peu cependant la magie du groupe a commencé à contaminer la foule. Selon nous, ce groupe aurait peut-être été accueilli plus chaleureusement en soirée. En effet, en début d’après-midi, le festival vient à peine de commencer et c’est toujours dur pour un groupe de faire bouger et danser les spectateurs à ce moment de la journée. 

  

Ensuite, direction Her. Groupe coup cœur de Gwenn, qui n’a qu’une hâte, danser sur « Five Minutes » le titre qui l’a faite tomber amoureuse de ce groupe (et elle pèse ses mots). 

Ils sont cinq, distingués, en costard chic pour certains, comme apprêtés pour le 25ème anniversaire des Vieilles Charrues. La scène est entourée d’étoiles illuminées… allons-nous voyager avec eux ? En tout cas, nous avons frôlé la catastrophe ;  le chanteur échappe à la chute ! Ses pieds se sont pris dans les fils de son micro mais il se rattrape de justesse, nous regarde et rit de bon coeur. 

Ce groupe est charismatique, les deux chanteurs se distinguent en chemises blanches. Le bassiste est hors pair, il vit sa musique sur scène et détonne grâce à un pas de danse incroyable. Du jamais vu encore. 

Enfin, l’avant dernière chanson est dédiée à Donald Trump, l’une des seules chansons engagées de ce groupe. Le chanteur nous invite à chanter en anglais : «tu n’es pas mon président ». Une chanson qui a donc suscité notre curiosité. A l’annonce de « Five Minutes », le chanteur demande à quelqu’un en back stage combien de temps il lui reste. Evidemment, il lui restait 5 minutes…

C’est donc par cette dernière chanson que le spectacle se termine avant que le groupe joue encore quelque reprise. Her  en live entérine notre coup de cœur, à découvrir et écouter à tout prix. 

Pause saucisson.

A la suite de leur concert enflammé, les Last Train étaient en conférence de presse dans un état qu’ils ont eux-mêmes qualifiés d’ « aqueux ». D’humeur blagueuse, encore surexcités de leur passage au plus grand festival de France. L’exploit n’est pas mince et ils en sont plutôt « fiers », sans albums, « sans page Wikipédia » ils ont d’ores et déjà réussi à faire plus de 300 concerts. Fondé à Mulhouse à 12 ou 13 ans, Last Train ce groupe indépendant qui a fondé son  propre label court aujourd’hui  le globe de l’Asie à l’île de la Réunion. La presse a la mauvaise habitude de les qualifier souvent comme des bébé rockeurs et cela leur déplait. Ils en ont marre même. Il ne trouve pas l’explication de ce qu’importe la différence d’âge dans la musique, ce qui compte pour eux c’est ce que les personnes ressentent à l’écoute de leurs chansons, qu’eux-mêmes se donnent à fond dans leur concert, qu’ils ont ça au plus profond d’eux. Au cours de cette conférence, on apprend même que les Last Train ont récemment écouté Céline Dion, « ce qui compte c’est que tu te donnes à fond ! » ! Ils expliquent par ailleurs que jouer en festivals et concerts, les deux sont des univers totalement différents. Pour les Vieilles Charrues, le chanteur explique qu’avec son groupe ils ont marché de façon à voir la scène où ils allaient se produire de loin. Les premiers mots qu’ils ont dit face à l’immense scène étaient : « Put*** c’est là qu’on va jouer ? »

  

A la suite de Last Train, c’est le groupe Her en conférence de presse. Lors de cette rencontre, on apprend que Her, pendant leurs concerts, apprécient  improviser et quand ils regardent le bassiste danser, ils ne peuvent que rigoler. Pour eux, Les Vieilles Charrues c’est un public cool, super et bienveillant à l’égard du groupe. C’est quelque chose que Her a énormément apprécié. En même temps, le public Breton n’est-il pas le meilleur ? Ils viennent ensuite à nous parler de leurs méthodes de création. Premièrement, ils écrivent les paroles pour ensuite les mêler à la musique et créer alors des chansons. Ils enregistrent et la transcription sur le live est assez simple. Apple les a contacté, ils veulent une chanson de Her sur leur nouvelle pub. Her est donc ce groupe émergent qui ne fera que briller à la lumière du futur.

 

Et The Kills. Définitifs, géniaux, exceptionnels, terribles, royaux ils ont livré une prestation mémorables, d'une musicalité rare. Une guitare orageuse, suprême qui déchargeait sur la foule ses riffs ténébreux, une présence scénique de la chanteuse de rockstar; et puis le style. Ils étaient beaux, nobles dans leur rock garage grades, leur cuir noir telle une seconde peau. Doing It To Death, Fever, tant de grands  morceaux pour débuter les Vieilles Charrues et mettre haut la barre, au firmament du rock'n'roll intransigeant.

  

 

GALERIE PHOTOS 2016

Mr G, Nans et Gwenn