Rencontre avec le duo: Papooz

Vendredi 3 mars, après la pop légère de The Pirouettes, passait le groupe français Papooz, un bel échantillon d’une pop-music au sang neuf, influencée par de bons vieux classiques dont elle en reprend la langue, l’anglais. Leur album “Green Juice” est sorti en juin 2016, un album frais et coloré. Armand et Ulysse composent ce duo qu’est Papooz et nous avons pu les rencontrer pour leur passage au Manège.

 

Papooz, ça a commencé comment ?
Ulysse : C’est la rencontre de moi et Armand, à Paris, dans le 14e arrondissement. On a commencé à écrire des morceaux ensemble, puis on a rencontré le bassiste et le batteur dans le Sud-Ouest, et puis après on a rencontré le violoncelliste, qui est maintenant violoncelliste-pianiste. Mais tout d’abord c’est moi et Armand qui nous rencontrons à Paris, à des réunions pour un journal artistique qu’on voulait faire avec des potes. On s’y retrouvait tous les mardis soirs, et voilà c’est là qu’on s’est rencontré avec Armand.

On a commencé à traîner ensemble et à écrire de plus en plus de chansons, on s'est fait repérer par un petit manager anglais qui a commencé à nous trouver des petits concerts à Paris. En faisant des concerts, petit à petit on a commencé à se professionnaliser.


Qu’est-ce qui vous plaît le plus de pouvoir vivre de votre musique ?
Ulysse : C’est très agréable de pouvoir vivre de notre musique. Là on a fait une tournée en France qui nous permet d’être intermittent, c’est une première sûreté qui est super. On a signé avec des labels qui nous ont donné quelques avances donc c’est vrai que maintenant on peut en vivre. On est très heureux de vivre de notre musique, là on vient de se faire un nouveau studio à Paris pour préparer le nouvel album, maintenant qu’on a notre studio on peut préparer l’album avec tout le temps qu’on veut.

Le premier album est sorti en juin l’année dernière, le prochain est au stade de projet pour l’instant ?
Ulysse : Le prochain, on va essayer de le sortir au plus vite, pour l’instant on est en train de faire les démos. On va essayer de sortir un titre avec un clip pour la rentrée, et qu’on soit prêts pour les festivals d’hiver. C’est la deadline qu’on s’est donné mais je ne sais pas si on va réussir. On a déjà 12 ou 13 morceaux, on a bien avancé déjà, on a hâte de le faire ce deuxième album ! 

Mais oui c’est trop cool de pouvoir vivre de notre musique, de pouvoir faire ce que l’on veut. Bon à des moments on doit se lever tôt pour partir en tournée *rire* il y a des choses pour lesquelles on doit répondre présents bien sûr, mais c’est quand même une vie assez agréable. Après c’est un peu compliqué, tu dois gérer ton temps, quand tu as des journées off qu’est-ce que tu fais ? Tu dois te mettre devant ton ordinateur et inventer des choses, autrement tu fais rien. Là on arrive à s’en sortir on s’est mis à bien retravailler pour le deuxième album on se voit tous les jours, on est très heureux de préparer le deuxième album.


Un meilleur souvenir depuis que vous avez commencé la musique tous les deux ?
Armand : Pas le meilleur mais le plus vivace, le plus drôle, c’est quand on a joué dans un squat tenu par des gitans à Romainville, il y a super longtemps. Un mec avait dit à Ulysse sur les quais de Paris qu’il devrait venir faire un concert avec son groupe. On venait de commencer notre groupe. À l’époque on se disait “À Paris, squat, ça doit être un squat un peu artistique, cool tu vois.”

Ulysse : À l’époque on avait pas beaucoup de concert on était prêts à prendre n’importe quoi. Armand : Et en fait on arrive il y avait un kid de douze piges sur un scooter volé, un mec qui s’appelait Jésus qui était défoncé aux champignons et personne n’est venu, en gros on a joué pour l’ingé-son. En plus il pleuvait c’était la lose la plus terrible. C’est vraiment un des souvenirs les plus drôles quoi.
Ulysse : On avait une ligne d’un morceau qui disait “Sometimes I wonder what am I doing here.”, on a regardé la salle et vraiment cette phrase a pris un sens fort ce jour-là, c’était peut-être la seule chanson qui a eu un écho dans cette salle. Et je voulais vous demander un pire souvenir du coup celui-ci peut peut-être être les deux non ?
Ulysse : C’est vrai qu’Armand t’a donné un souvenir un peu dégueu, comme un truc cool, mais c’est un souvenir qui nous fait rire en fait.
Armand : C’est le meilleur et le pire à la fois en fait.

 

Vous écrivez vos chansons vous-même ? Ensemble ou chacun de votre côté ?
Armand : On les écrit séparément et ensemble, on se soumet nos morceaux. Le premier travail est seul.
Ulysse : Au tout début on écrivait beaucoup ensemble, mais là c’est vrai que sur le deuxième album il y a des morceaux qu’on écrit ensemble, mais parfois on se retrouve seul, on a besoin d’écrire seul quelque chose que l’on ressent et puis on se le soumet, on a pas peur de dire ce que l’on pense des morceaux et c’est ce mélange qui fait notre force.


Et la mélodie c’est à deux aussi ?
Ulysse : Oui la mélodie, c’est tous les deux. Sauf si le morceau était déjà composé seul, parfois il y a des éléments qui arrivent qui sont déjà prêts. Il y a pas vraiment une manière de faire, un schéma qu’on répète. Une chanson ça vient comme ça, ça peut survenir comme ça en une fin d’après-midi.


Est-ce vous avez des choses, des projets, des endroits où vous voudriez que votre musique vous emmène ?
Armand : J’aimerai bien qu’elle m’emmène à Coachella, c’est peut-être un cliché mais faire un gros festival à l’étranger quoi, c’est les trucs les plus marrants, et faire d’autres pays. Là on a fait le Japon.
Ulysse : C’est ça, surtout faire l’Angleterre et les États-Unis. Normalement on joue dans deux mois en Angleterre. Et on espère que pour le deuxième album on fera une tournée aux États-Unis. On écrit en anglais donc il faut essayer de conquérir à l’international.
Armand : …Partout, en Afrique du Sud, n’importe quel pays me fait barrer. Là on nous a proposé un festival en Slovénie, on a joué à Belgrade aussi, c’est des bons souvenirs, c’est très marrant comme truc.

 

Vous avez joué au Japon, c’était comment ?
Ulysse : C’était assez incroyable, c’était assez inédit, on y était déjà allé une fois pour un défilé Hermès et grâce à ça il y a un label qui nous avait repéré et qui nous a permis de revenir avec une structure, avec une tournée. Donc on y est retourné pendant une semaine, on a fait deux concerts là-bas, on a même pu faire un clip, on y est resté un peu plus longtemps. Non vraiment c’était trop marrant, c’était génial. Tokyo pour des petits français comme nous c’est fabuleux.


Si vous n’étiez pas musiciens aujourd’hui, qu’est-ce que vous seriez à votre avis ?
Ulysse : Moi j’aurais adoré être footballeur. Je voulais être footballeur quand j’étais plus jeune, je joue bien au foot, je pense que c’est le truc où je m’épanouirais le plus, ou je sais pas avoir un restaurant…
Armand : Moi j’aurais bien aimé être critique de cinéma, pour pouvoir voir des films gratos *rire*. Non j’aime bien l’idée de critique de cinéma je trouve ça cool. Donc plutôt toujours artistique pour Armand et assez différent pour Ulysse
Ulysse : Ouais… J’aurais pu faire des trucs artistiques aussi, j’avais étudié le théâtre, mais à vrai dire j’aimais pas trop jouer, ça me gênait un peu. La musique c’est parfait franchement, c’est incroyable, ça rejoint tellement de choses…
Armand : Moi j’aurais bien aimé être peintre ou sculpteur, être bon dans n’importe quel autre domaine, être sculpteur je trouve c’est un truc chic, j’aurais bien aimé…

Enfin vous chantez en anglais, pourquoi est-ce que vous avez choisi l’anglais ?
Armand : Parce qu’on a écouté vachement de musique anglo-saxonne quand on était petits, c’est la langue du type de musique
qu’on fait, c’est un peu la langue universelle de la pop music.
Ulysse : À partir du moment où vraiment tu écoutes énormément cette musique, 85-90% de la musique qu’on écoute n’est
qu’en anglais, depuis longtemps, j’écoute pas Jacques Brel, peu Léo Ferré.

Interview signée Amandine et Mr G