Casual Gabberz, vous avez dit Hardcore?

Quand on parle de Casual Gabberz, on aperçoit de nombreux noms sur les affiches comme Von Bikräv, Aprile, Paul Seul, Claude Murder et Evil Grimace mais qui se cache vraiment derrière ce collectif?

 

Alors, qui est derrière Casual Gabberz?

Krampf : « Casual Gabberz c’est 5 artistes, mais chaque artiste à sa vie en dehors de la musique, ils sont libres de partir quand ils le veulent, de revenir juste pour produire une musique, ce n’est pas un collectif fixe, c’est ça que ça nous plaît»

Quand ils ont créé ce collectif, ils étaient déjà tous DJ et organisateurs de soirées, certains avec un côté plus rap que techno. Ils avaient cependant tous une ambition partagée : jouer un style de musique novateur n'existant pas forcément encore dans les soirées Parisiennes où ils se sont rencontrés.

Aprile : « Le point commun de la plupart des artistes du collectif n'était pas forcément dans la techno hardcore. On avait peut-être des antécédents musicaux différents mais ceux qui se sont greffés à Casual Gabberz ont écouté ce qu’on faisait et ont voulu produire ce style de musique, d’où la sortie de notre première compilation. »

Casual Gabberz, c’est certes du gabber mais du gabber un peu plus «décontracté». En effet, en voulant se plonger dans ce style de musique, particulièrement rythmé, ils avaient conscience de ce que cela impliquait. Ils voulaient se raccrocher au sens originel du mot gabber, « pote » (mot d’argot venant d’Amsterdam) et produire leur « casual gabber ».

Paul Seul : « on avait envie de jouer du gabber mais on était hyper conscient qu’on n'était pas des spécialistes et que l'on n'avait pas vécu le mouvement dans les années 90. C’était une manière pour nous de se moquer un peu de nous-mêmes parce qu’on ne connaissait pas les codes et l’histoire du gabber, on est arrivé avec juste l’envie de jouer cette musique.»

C’est donc avec une compil de 50 titres et près de 40 artistes que Casual Gabberz revisite le Gabber. C’était une opportunité pour les artistes de jouer ce qu’ils n’osaient pas produire d’habitude.

Paul : " On avait envie de leur donner un terrain d’expression et on leur a dit: « joue tout ce que tu n'oses jamais jouer » et au moment de faire la compil, c’était le moment de transformer l’essai. Les artistes qu’on a produit viennent à la fois de nos connaissances, en soirées ou sur Internet.

Krampf : «  on aimerait trop venir à 50 à Lorient mais c’est un peu compliqué à mettre en place... »

 

Le fait de participer à un festival où les autres artistes ne produisent pas le même style musical que le collectif, les amène à découvrir davantage les artistes avec qui ils partagent l’affiche. Casual Gabberz insiste sur le fait qu'ils se retrouvent régulièrement avec des artistes ayant le même univers musical qu’eux. Participer aux Indisciplinés leur a donc permis de découvrir de nouveaux styles musicaux et de se confronter à d'autres artistes.

Paul Seul : " C’est aussi une occasion pour nous de décloisonner notre musique, montrer aux gens que ce style est pour tout le monde ".

Aprile : " C’est aussi ça notre challenge de base depuis le début : toucher un public varié ".

Paul Seul : " On a grandi avec un petit noyau de gens qui nous suivaient. Au départ, les gens n'adhéraient pas forcément à notre style, puis aujourd’hui on les revoit et ils "kiffent ça" et c’est hyper touchant ".

Petit quizz de fin d’interview :

  • Une référence ?

Krampf : " Si on me demande c’est quoi la techno en 2018, pour moi c’est Nina Kraviz, elle arrive à sentir les choses et proposer des trucs pertinents "

Paul : " Ouai c’est vrai, elle a son propre style "

Krampf : " En plus c’est une fille, donc c’est cool "

 

  • Un model ?

Paul : " J’ai une idole qui est un peu le « Elvis » du gabber c’est 3 steps ahead. Sur les 2 albums qu’il a fait, il y a 20 classiques du gabber, c’est une vraie référence. Dans le film qu’on a produit, Inutile de Fuir on va sur sa tombe comme pour lui rendre hommage. Quand il était vivant, il était différent des autres, de par son look par exemple et il gueulait au micro comme nous aussi on aime bien faire (rires) ". Après, on peut évoquer Thunderdome qui a réunit toutes les productions hollandaises des petits labels et ce côté identification derrière le logo de Thunderdome, on le développe aussi à travers celui de Casual Gabberz.

 

  • Un pays ?

Krampf : " Je pense qu’on choisirait la Belgique parce cette musique est plus marquée socialement et ils sont plus forts en teuf que les français! "

Paul : " Ouai c’est clair, ils ont une organisation, un accueil, un son irréprochable "

Claude : " Mis à part la Bretagne bien sur !! (rires), ce « pays » a une vraie importance historique sur le hardore, et on se font totalement dans la masse, on est hyper bien loti "

 

On remercie énormément Casual Gabberz d’avoir accepté cette interview et de nous faire partager leur passion et l’envie de découvrir de nouveaux styles musicaux, de nouvelles personnalités, à travers les divers festivals où ils sont conviés.

 

Manon et Alice