Columbine, le phénomène rennais

Columbine, est un groupe formé de huit membres âgés d’une vingtaine d’années. Huit « enfants terribles » qui se sont retrouvés afin de pouvoir exercer leur passion, la musique.

Leur dernier album sorti le Vendredi 21 Avril a eu un grand succès. Columbine, arrivant tout droit de Rennes, a su conquérir ses fans en mêlant l’humour et le second degré à un côté plutôt sombre de la jeunesse d’aujourd’hui.

Nous avons alors interviewé Foda C et Lujipeka afin d’en apprendre un peu plus sur leur groupe et ce nouveau phénomène qui ne cesse de se propager.

 

Interview:

Pourquoi Columbine? Y a t-il un rapport avec la tuerie Américaine?

Luji: Oui, il y a un rapport forcément avec cette tuerie. L’idée de Columbine est venue un jour en studio. On devait sortir un projet qui devait s’appeler Columbine sous notre ancien groupe VMS et c’est devenu le nom du groupe par rapport au film Elephant. Ça a marqué la poésie sur l’adolescence. Il y a plein de scènes dans le film qui nous ont touché et qui nous faisaient penser à notre musique et ce qu’on racontait dans nos clips, ce côté violant, torturé, poétique et tragique. On a pris ce nom là quand on est rentré à l’appartement et que tout le monde s’est mis à regarder des dizaines de vidéos sur la tuerie, on était tous touchés et fascinés par cette histoire. On a alors décidé de s’appeler Columbine et de fusionner deux groupes de potes que l’on avait à l’époque qui maintenant correspond au Columbine que l’on connait aujourd’hui. On aimait bien la symbolique tout ce qui tourne autour du mal être adolescent et l’origine du mal, quelque chose d’assez sombre. L’image la plus sombre que l’on avait c’était la tuerie de Columbine. Ce n’est pas l’apologie d’un meurtre, mais un symbole.

Foda C: Forcément on essaye de comprendre la psychologie des personnages qui étaient malheureux et avaient envie de tuerie. On a fait des sons « marrants » mais derrière se cachait quand même un côté malheureux dans le nom de notre groupe. C’était ce contraste là qu’on avait envie de faire découvrir. Derrière ces sons humoristiques, il y a toujours un message à comprendre.

 

Souhaitez-vous diffuser une quelconque image à la jeunesse ?

Luji: Non, on est assez fidèles à nous-meme au final dans ce qu’on fait. Si des gens se retrouvent dans ce que l’on dit, tant mieux. Tu ne décides pas vraiment, ton public reflètes la personne que tu es.

Foda: On ne pensait pas forcément plaire à un public plus jeune que nous, ça s’est fait au fur et à mesure lorsqu’on a fait les premiers concerts.

Luji: On a pas la prétention d’avoir un message à faire passer à la jeunesse ou quoique ce soit, après on sait qu’il y a des jeunes qui nous écoutent.

Foda: Au final, on est devenus un peu le groupe des générations plus jeunes que nous alors que nous on ne s’y attendait pas. On plaît plus aux jeunes qu’aux gens de notre âge *rire*. Ça se voit tout de suite dans notre entourage.

Luji: Alors que des gens de notre âge peuvent carrément se retrouver dans ce qu’on a fait. C’est une question d’esthétique et ça se fait un peu malgré nous. Après on a un public assez large, il y a pas mal de jeunes qui nous suivent mais on a pas de message définit à leur faire passer.

Foda: Forcément t’es le reflet d’une époque donc tu plais à qui tu dois plaire.

 

L’une de vos créations préférée?

Luji: Ça dépend de ton humeur, on a tellement travaillé sur nos sons qu’au final c’est dur de choisir, on a trop travaillé pour en choisir qu’un.

Foda: On a écouté au moins deux-cent fois tous nos sons et on les écoute encore.

Luji: Parfois tu réécoutes un vieux son que tu as fait et tu te dis qu’il était pas mal en fait alors que tu ne l’as pas forcement mis dans tes favoris à une époque mais on ne peut pas en citer qu’un en particulier.

Foda: « Gracias » c’est un son qu’on aime bien et qui a bien vieilli. Il y en a qui vieillisse bien et d’autre moins bien. Par exemple « Fond de la Classe » qui vieilli un peu mal alors que Blue-Ray qui a peut-être un peu moins marché, vieilli beaucoup mieux. C’est le genre de sons qu’on a envie de rejouer en concert. Si t’es un fan de Columbine et que tu es là depuis le début, tu as envie de les entendre. C’est un peu comme nos hymnes.

Dans l’album en général c’est les sons les plus sincères, qu’on a mis le plus de temps à écrire, qui ont été les plus importants dans nos vies et les plus noirs comme « Été triste », « College Rules », « Les Caméléons » ou « Château de Sable » qui vont être les plus intemporels. Les hits comme « Talkie-Walkie », ça nous fait bien rigoler maintenant mais dans un an ça ne fera peut-être plus rire personne.

 

Le clip où vous avez pris le plus de plaisir à tourner ?

Luji: Je dirais « Dom Perignon ». Ça a duré 3 jours, c’était comme des vacances, Yro a bien organisé ça.

« Marion » et « Fleurs du Mal » aussi, car c’est des clips qui ont été difficiles à tourner. Dans « Fleur du Mal », par exemple, on rangeait les livres à chaque fois qu’on les jetait. C’était marrant, c’était un week-end entres amis dans le froid, à la campagne.

Foda: « Marion » c’était un délire, une totale improvisation, on a tourné vers Vannes pendant 3 jours, c’était marrant. « Rémi » c’était bien aussi. Mais avant, on prenait beaucoup plus de temps pour faire les clips. Par exemple « Polo » a été fait en un mois et « Talkie Walkie » en deux jours seulement. Sur le tournage de « Talkie Walkie », on a passé des journées vraiment cool et en deux jours c’était plié.

Luji: C’est un peu des vacances en fait, on bosse mais on a la tête ailleurs.

 

Quel est votre but professionnel ?

Luji: Que ça aille toujours plus haut. Là, on démarre une tournée presque à guichets fermés mais il faut passer un cap après. Faire que grandir et ne pas redescendre.

Foda: Pouvoir vivre de sa passion, avoir une vie tranquille et que ça marche, en fait. On a pas envie d’être des superstars non plus, avec les paparazzis autour de toi, ce n’est pas l’objectif. On ne vise pas ça. Le but, c’est de faire de la bonne musique avec tes potes, que ça marche, et pourquoi pas acheter une maison à la campagne *rire*. Avoir une liberté de déplacements, faire ce que tu veux et ne jamais être contraint.

 

Votre meilleur souvenir?

Luji: Quand « Vicomte » a buzzé. En une journée, ça a fait 500 000 vues.

Foda: Les premières collocs qu’on a fait aussi. La première c’était Good Moon et la deuxième Little  Ton.

Luji: Good Moon, c’est vraiment de bons souvenirs, c’était un petit appartement, un peu miteux où on était plein. Il y avait un studio et c’est là où on a commencé à raper. C’était un délire, une bonne période, on faisait pas grand chose de nos vies mais bon…

Foda: Après Little Ton c’est la où on a enregistré Clubbing dans la chambre et une partie d’Enfants Terribles, c’était un peu plus de galères mais on a fait de bonnes soirées.

 

Un trait de caractère qui vous défini vous ? Un qui défini le groupe ?

Luji: Terrible ! On est persévérant et travailleur. On a de la volonté et on a pas peur de se fatiguer à la tâche.

Lequel d’entre vous est le plus perfectionniste ?

Luji: Je dirais que c’est Foda, ça dépend par rapport à quoi.

Foda: Perfectionniste, ce n’est pas forcement le bon mot, on est jamais vraiment perfectionniste.

Luji:  Quand on aime, même un enregistrement pas parfait, on peut le garder. On est pas perfectionniste en voulant faire un travail lisse, on est plus exigeant que perfectionniste. On peut être pointilleux sur certains détails. On veut juste que le projet soit cool, même par respect pour les fans.

Foda: Dans le mix de l’album, il y a toujours des détails qu’on aurait pu changer mais on ne va pas retarder la sortie de l’album juste pour ça.

Luji: On aime bien garder un côté brut aussi donc on est pas vraiment perfectionniste je pense.

 

Avez-vous une inspiration musicale?

Luji: On en a plein ! Beaucoup de rap, us et français, actuel comme old-school.

Foda: On est passés par tous les types de musique. Quand on était jeune, on écoutait des trucs un peu plus Underground et diversifiés. Aujourd’hui, on écoute que du rap qui vient de sortir.

Luji: On est vachement actuel, des trucs qui se font en ce moment et de tous les horizons. On a pas de préférences.

Foda: On a des morceaux qu’on aime et qu’on déteste comme tout le monde.

 

Est-ce que vous vous attendiez à un tel succès?

Luji: Ça a été vraiment progressif, ça s’est fait par paliers. Je ne sais même pas si on peut parler de « tel succès », ça commence à bien prendre. Mais ça s’est vraiment fait petit à petit, donc au final on a pas forcement beaucoup de recul.

Foda: On ne le voit pas le succès, on n’est pas au collège ou au lycée donc on ne le remarque pas.

Luji: Quand on se balade dans la rue, c’est comme avant. De temps en temps, on nous demande des photos. Là, on le voit un peu plus car on est en pleine tournée et on rencontre le public. Ça fait plaisir de constater ça.

 

Quels sont vos projets envisagés prochainement ?

Luji: Là, on a sorti l’album, on a une tournée, on va commencer cet été à refaire de nouveaux morceaux. Il y a aussi des clips à faire aussi, on continu à bosser pour notre public.

Foda: Avoir de nouveaux projets et diversifier, mettre de plus en plus de rappeurs sur nos sons et faire monter tout le monde.

 

Avez-vous une passion en dehors de la musique ?

Luji - Foda: La vidéo, les jeux vidéo, les femmes, la mode, les « Memes », le sport, on adore.

Foda: On a les mêmes passions que tout le monde, on a pas une passion secrète comme l’équitation, la couture, la pétanque…

Luji: C’est Columbine ma passion !

 

Avez-vous un petit mot pour vos fans ?

Luji: Merci, c’est cool, il y a du soutient. C’est positif ce qu’il se passe et on espère que ça continuera, nous de notre coté on lâche pas.

 

Compte rendu du concert:

Ce 21 Avril, nous avons également assisté à leur concert qui a eu lieu à Lorient, au Manège lors du festival les Urbaines.

Dotés d’une énergie débordante, ils enchaînent les textes sans même avoir le temps de reprendre leur souffle. Le public, connaissant les paroles par coeur, crée un fond qui accompagne les rappeurs. L’ambiance change au fur et à mesure que les morceaux défilent. Passant de « Prélis » où une certaine nostalgie traverse la pièce, à Don Perignon où le public saute au rythme de la musique.

Ils se jettent dans la foule et donnent tout ce qu’ils ont. À la fin du concert, ils échangent avec les fans et prennent le temps pour une photo.

En bref, un concert qui donne envie d’en apprendre plus sur ce groupe original, qui mélange différents styles et ne cesse d’évoluer.

 

Article signé Morgane