Emily Loizeau, épisode 3

Le vendredi 9 décembre, la salle de spectacle de Lanester, « le Quai 9 » accueillait Emily Loizeau. Un concert dense et intense aux thématiques très variées nous plongeant dans un univers bien à elle, calme, agréable voir reposant parfois, où devenant plus rythmé et dansant à d’autres moments, comme sur le titre « Mona ». 

Vous avez le choix:

Interview audio

ou Interview et compte-rendu en bas

 

Emily se présente comme une personne comme une autre : elle a des colères, des crises de jalousie, ou de la mauvaise foi comme elle nous l’a fait comprendre à la fin de son concert par de petits morceaux très courts mais riches en musicalité.

Elle aime aussi danser sur scène, elle vit ses chansons et du coup, nous fait partager sa passion de la musique. Les instruments utilisés par le groupe qui l’accompagne ce soir là étaient très variés.

Cela allait du plus classique (guitare, basse, batterie, piano) aux instruments moins communs comme le violoncelle, le saxophone ou encore du trombone à coulisse.

Emily fait aussi des mélanges entre plusieurs outils d’instruments, insolite me direz vous car elle a branché une dizaine de pédales de guitare sur son piano pour obtenir des sons plutôt exotiques.

En tout cas, ce concert était vraiment très enrichissant et un grand merci à Furax Production pour leur accueil, et pour nous avoir permis de rencontrer et interviewer cette artiste ce soir-là.

 

Comment avez-vous commencé la musique?

J'ai commencé la musique quand j'avais 5 ans. J'ai su lire les notes très vite, c'est un peu une histoire d'enfance. J'ai eu la chance d'avoir une prof de piano qui m'a vraiment communiquée la passion de ça. J'ai donc continuée dans un parcours de pianiste classique puis j'en ai eu un petit peu marre de cet univers là, des concours notamment, j'avais envie de m'exprimer autrement, il y avait une dimension scénique qui me manquait. J'ai fait une école de théâtre et je me suis remise à la musique par le biais de la chanson avec un accordéon, j'étais un peu fâchée avec mon piano. J'ai repris des chansons et commencé à en écrire et de fil en aiguille je me suis remise au piano.

Comment s'est fait le choix des musiciens ?

Je ne suis pas un groupe mais j'ai des musiciens avec moi qui effectivement me suivent pour certains depuis très longtemps. Je suis quelqu'un d'assez fidèle, j'aime bien créer ce rapport de groupe, néanmoins mes groupes ont un peu changé en fonction des projets que je recherchais.

J'ai démarré d'abord avec Olivier Koundouno, le violoncelliste qui est mon fidèle acolyte, Il n'est plus sur cette tournée en ce moment mais il a été là au départ et a écrit tous les arrangements avec Cyril Avèque à la batterie et on a fait comme ça deux albums. Les autres musiciens, je les ai toujours trouvé par le biais de contact, je n'ai jamais fait de casting sauf peut-être pour Olivier le violoncelliste. Aujourd'hui, le groupe a un petit peu changé il reste mon autre acolyte guitariste Csaba Palotai qui a ramené avec lui Jeff à la basse et Emmanuel à la batterie, ils ont un trio qui s'appelle « My friend Jeff ». D'autres musiciens comme Clement Aury au violon et Marielle Chatin s'ajoutent à l'équipe.

Avez-vous eu des idoles dans le monde de la musique qui vous ont inspirés ?

Oh oui bien sur mais je sais pas si j'appellerai ça des idoles. J'ai grandi en écoutant Bob Dylan, plus tard, j'ai beaucoup écoutée Tom Waits, Nina Simone, ça fait parti des gens qui m'ont inspiré puis dans le répertoire français, j'ai grandi avec Brassens, Gainsbourg, ils m'ont nourrie.

Quel événement vous a propulsé?

C'est difficile comme question parce-que ce qui m'a fait écrire des chansons c'est le décès de mon père donc je dirai qu'il a été un catalyseur, il m'a laissé ce beau cadeau en partant ensuite j'ai fait le chantier des Francofolies et ça a été un autre genre de catalyseur pour rencontrer un tas de professionnelles.

Est-ce que vous vous êtes dit en commençant la musique que vous pourriez en faire votre métier?

Vers l'age de 9-10 ans je me dirigeais vers ça, pas forcément un métier d'auteur et d'interprète mais plutôt de pianiste classique mais c'était assez claire, quand je me suis mise au théâtre, la musique m'a rattrapé très vite, je pouvais difficilement faire autre chose, m'exprimer autrement .

Pourquoi la musique et pas une autre forme d'art?

Je sais pas si c'est par ce que j'ai commencé si jeune et que quelque chose m'a été transmis à ce moment là par ce professeur, par mon environnement aussi, mon père écrivait ma mère était peintre, y avait des musiciens dans ma famille, mon oncle qui écrivait des chansons, ce sont des choses qui sans parler d'être génétique, cela rentre dans l'oreille et donc dans votre corps.

Pourquoi « Emily Loizeau » et pas un autre pseudonyme  ?

j'ai essayée mais y avait rien à faire, à chaque fois j'avais l'impression d'être usurpatrice, j'avais envie de rigoler tellement c'était ridicule, j'avais trouvée « Billy Rose » à un moment et c'était ridicule. Je voulais pas mettre mon vrai nom car je trouvais ça to much , je trouvais ca lourd mais tout le monde me disait que c'était super beau, je n'ai pas ce besoin de se créer un personnage pour être sur scène.

Laquelle de vos compositions vous semble la plus importante, voir significative à vos yeux?

Je ne vise pas a être prétentieuse en disant que j'ai écrit que des chefs d'oeuvre, loin de là, mais je crois qu'a partir du moment où l'on écrit une chanson et qu'on l'assume et qu'on l'aime pour ce qu'elle est, cela devient comme un enfant et du coup il semble difficile d'en choisir un plus que l'autre.

Avez-vous un rêve ou un objectif a accomplir en tant qu'artiste?

Je ne me fixe pas trop de truc comme ça, ce que je vise avant tout c'est de continuer à chercher de nouvelles choses, d'ouvrir des portes, de ne pas rester sur une route qui serait balisée par des barrières mais plutôt d'aller prendre des chemins de traverses quand je trouve qu'ils semblent intéressants.

En 2008, on vous avait interviewé aux Arcs à Quéven, On vous avait posé la question suivante : « quel est votre meilleur et pire souvenir de votre carrière », vous nous aviez répondu pour le meilleur : « votre premier concert a la cigale » et pour le pire « toutes les péripéties qui vous étaient arrivées lors de la préparation d'un spectacle pour enfants commandé par les Francofolies ».

Presque 10 ans sont passé depuis, y-a t il eu mieux ou pire?

Alors c'est marrant que j'ai parlée des péripéties d'un spectacle pour enfants car j'ai oubliée là…

Concernant les meilleurs moments, il y en a eu tellement…. Le Grand Rex était un immense souvenir, je suis passée d'une petite salle de 50 places au Grand Rex qui est un endroit mythique

Il y a eu aussi un concert dans une grange pour le festival de Bourges où le système sonore est tombé en panne et on a fait le concert dans le coin de la grange en ramenant les 400 personnes au plus près de nous, un moment assez inoubliable .

Le pire souvenir ? je crois que c'est cette période qui est à la fois jouissif car on est en attente de commencer sa carrière, où l'on cherche une maison de disque, les temps ont beaucoup changés, il y a énormément de monde sur Internet et les maisons de disques sont très frileuses, c'est beaucoup plus simple de diffuser sa musique mais beaucoup plus compliquer d'en vivre.

Moi, je passais mon temps a envoyer des maquettes, c'est des moments difficiles car tu te sens seules mais au final ça ma permit de faire mon premier disque chez un label qui n'existe plus aujourd'hui, un label de musique Anglo-américaine et j'étais leur première signature Française et d'ailleurs leur seule je crois et ça m'a permit de rencontrer tout un tas d'artiste qui avait cette couleur musicale que j'aimais .

 

Léo.P, Camille et Paul