Oldelaf, ce clown triste !

Le bavard Oldelaf s'est confié à SpeedWeb sur la difficile, mais si joyeuse vie d'artiste ! Retour sur une longue interview où l'auteur de la Tristitude nous a peut-être un peu baratiné sur l'histoire de sa tante ! Enfin ça, c'est à vous de voir ! 

 

A quel âge avez-vous pour la première fois touchée une guitare ?

A 14 ans j’ai eu ma première guitare. C’est un âge assez classique. C’est à partir de cet âge là où on commence à vraiment ce faire des gouts musicaux, avant ont écoute un peu ce qui passe à la télé...A 14 ans ça été vraiment le moment où j’ai prit une guitare et je n’ai pas arrêté de jouer à partir de là.

A quel moment avez vous choisi de faire de cette guitare votre métier ?

Mon premier instrument c’est le piano, à la base je suis pianiste. J’ai joué au conservatoire et j’en ai vraiment fait à fond a partir de 12-13 ans. Je jouais deux heures par jour, donc à 14 ans je suis devenu pianiste de bar. Mais à partir du moment où j’ai écris mes premières chansons, vers 15-16  ans, je savasi que je voulais être chanteur.

En dehors du milieu de la scène et de la musique, en 2014, vous êtes chroniqueur l’émission « Du côté de chez Dave ». Que vous a apporté cette expérience ?

J’avais déjà fait des chroniques à la radio, dans l’émission de Michel Drucker pendant 2 ans sur Europe 1, et je n’avais jamais prévu de faire ça, je suis venu faire de la promo un matin et ils ne m'ont jamais laissé repartir ! J’ai découvert que faire de la chronique c’était très intéressant sauf que paradoxalement je ne faisais que des chansons et c'était plus compliqué que chez Dave. J'avais vraiment l'impression d'avoir inventé quelque chose parce que à la radio, on est pas beaucoup à faire de la chronique chantée. A la télé, j'ai fait un peu le contraire, c'est-à-dire que j'ai fait quelques chansons mais c'était symbolique. Ce qui était diffusé, c'était beaucoup les chansons, mais les chansons, je m'en foutais en fait parce que je chantais des chansons qui existaient déjà, une millième fois la Tristitude_qui me plaît toujours mais ce n'est pas cela qui faisait mon originalité, la recherche, l'enquête  qui ne servaient à rien sur les chanteurs qui venaient dans l'émission, ça m'a vraiment intéressé. J’ai préféré le format chronique à la télé plutôt qu’à la radio, parce que je faisais autre chose que de la chanson j’avais vraiment l’impression de faire bien, un vrai travail de recherche, je disais que des choses vraies des vraies informations et je me suis vraiment beaucoup amusé et à mon avis, ça a été sous médiatisé par rapport au travail que ça représentait.

A part Dave, avez-vous d’autres idoles dans la musique française?

Dave, ce n’est pas mon idole mais c’est devenu un très chouette ami, j'adore vraiment ce gars. Ma star absolue c’est Souchon. Y a Joe Dassin, mais je ne l’ai jamais rencontré. Souchon j'ai eu la chance de le rencontrer  et il y a quelques autres avec qui j'ai eu la chance de passer des vrais bon moments, comme avec Les Innocents qui sortent un album en ce moment. Y a le courant de la musique humoristique mais un peu undergound, je pense à L'Entrepôt une salle de concert à Paris qui les joue sur scène.Finalement, j’ai eu la chance de rencontrer pas mal de gens que j’admirais, j’ai eu la chance de rencontrer Julien Clerc, que j'aime beaucoup aussi. Ca été un grand bonheur du fan que j’étais.

Lorsde l'émmission qui fêtait l'anniversaire de Dave, vous disiez pourtant que c'était toute votre jeunesse … c'était avant vos quatorze ans ?

Non, c'est juste la chanson « Du côté de chez Swann », qui est pour moi l’une des dix plus belle chansons française. Maintenant, quand je creuse un peu l’œuvre de Dave, je ne suis pas fan absolu de tout ce qu’il fait, y a des trucs un peu kitsh ...Souchon, dès que je creuse, que je regarde, j’aime ce qu’il dégage, j’aime qui il est et ce qu’il fait. Dave, j'aime bien 2-3 chansons comme ça mais je ne suis pas fan plus que ça.

Vous avez réalisé le clip « je mange » avec Jonathan Lambert. Comment vous-êtes vous rencontré et comment s’est passé le tournage ?

Pour le coup, c’est vraiment lui qui l’a réalisé ! Moi je n’ai rien écrit, je n’ai pas eu vraiment mon mot à dire là-dessus parce que c’est un de mes producteur qui le connaissait. On s’est donc rencontré à cette occasion, je le connaissais auparavant de par ce qu'il faisait et qui ma faisait beaucoup rire. Mais on n’a pas partagé des choses avec le clip, on n'est pas devenu copain comme cochons ; je suis bien plus pote avec Dave par exemple qu'avec Jonathan Lambert ! Par contre ça été charmant de le voir travailler, il a été très pro. C'est intéressant de le voir bosser, il est très pro justement quand il travaille, quand Dave ne dit que des conneries lors des tournages ! Jonathan Lambert il est là pour bosser et il avance. Le rire est un travail et un but et c'est pas le mec le plus délire, il reste sympa, mais il est très carré.

Ce clip à une atmosphère très froide ethygièniste. Le personnage meurt à la fin. Seriez-vous une sorte de clown triste ?

En fait, je pense que je le suis certainement , je ne le contrôle pas forcément mais pour moi, le rire est nécessaire et c'est une partie de la personnalité que l'on a tous et la vie parfois est très marrante et on s'éclate comme des oufs et parfois elle n'est pas marrante parce que tu prends conscience des choses,et tu vois des choses, tu les réalises, et j'espère que mes chansons sont un petit peu comme ça, comme dans mon spectacle, y a des moments très forts, très marrants, et des moments très sombres ! D'ailleurs parfois ce n'est pas la chanson la plus triste du spectacle  qui est la plus triste au niveau du sens. Y a des chansons qui sont humoristiqueset très sombres au niveau du sens et, tu vois, j'aime bien les extrêmes inverses et il y a du drôle et du tragique dans un peu de tout. Moi, il y a quelque chose qui m'a vraiment marqué dans ma vie :

Ma tante était morte, j'étais dans le cas de beaucoup de peines comme on peut l'imaginer, et elle s'est faite incinérer donc et on est allé jeter ses cendres dans le boccage ; et il y a sa meilleure amie qui a son tour est venue disperser les cendres et à ce moment, il y a eu un énorme coup de vent et elle s'est prise toutes les cendres sur la gueule. A ce moment, tu dois rire où tu dois pleurer ?

C'est totalement tragique mais c'est tellement drôle en même temps tu vois ? Qu'est-ce que tu dois faire ? C'est comme un enfant qui n'arrive pas à faire du vélo, qui se fait des croûtes et qui se fait mal, et c'est tragique, tu as envie de l'aider mais c'est tellement marrant de le voir galérer. Alors je dois être un peu clown triste parce que heureusement qu'on rigole de choses tristes, et c'est garder le sérieux en rigolant, et dire quand même des choses.

Votre album intitulé « dimanche » à été financé par plus de 2000 fans. Les maisons de disques ne croyaient pas en vous ?

Il y a un peu de ça je pense. Je pense qu'en fait, je les emmerde  parce que d'abord...je les emmerde et ils ne savent pas comment me prendre. Je ne suis pas un produit identifié, je ne suis pas un beau gosse, j’ai plus 20 ans, je ne sais pas bien danser. Je ne suis pas Matt Pokora et je n’ai rien de particulier pour être une vedette, pas d'éléments particulier, je n'ai rien de particulier ! J’ai une vie pépère, une maison,  trois enfants, une compagne, je suis pas Rock'n'Roll. Alors qu’au final les gens s’en foutent de ça .Au fond d’eux, ce qui compte c’est est-ce que le spectacle est bien et est-ce que la chanson est bien ! On va dire, l'intelligentsia en France ,qui font les festivals, ont les télés, les radios, eux se considèrent vraiment comme ayant la connaissance, étant intello genre «nous sait ce qui est bien ce qui n'est pas bien » et à partir du moment où j'utilise le rire, le rire se transforme en barrière. A chaque fois, on a vécu des trucs terribles et un peu déprimant, parce que je me bats, je ne suis pas le seul ; parce qu'il y a des radios quand tu vas les voir c'est « Rolalala elle est géniale votre chanson la tristitude, je l'écoute tout le temps avec mon pote etc » on se dit que c'est cool alors, qu'ils vont la programmer et là ils vous disent « bah non c'est marrant, je ne peux pas ». D'accord, mais c'est bien ou pas ? «  Ah oui oui j'adore, c'est top ! » qu'ils répondent. Mais ils ne programment pas parce que c'est marrant. C'est un peu le quotidien, le rire, c'est une sous-race ! Mais les gens ils s'en fichent, ils sont beaucoup plus binaire que cela. Est-ce que c'est bien ou est-ce que ce n'est pas bien ? Est-ce que j'ai envie de revoir ça ou de réécouter ça ?  D'ailleurs il y a eu des chansons humoristiques qui sont passés sur des radios comme Manu Chao des Wampas, et ça a cartonné ! Mais une fois...

Il y a des artistes actuels de la chanson française que vous écoutez ?

Brassens...

Actuels !

Ah pardon, … Jean Jacques Goldman (rires) Actuellement ? (réfléchit longuement) Je l'ai aperçu sur vos questions donc ça m'y fait penser forcément, j'aurais peut-être pas du, mais y a Vianney...

Ah oui, on se demandait si vous aviez écrit sa chanson « Pas là »... (le reporter aux tendances un peu élitistes de Speed trouve cette chanson plus comique que tragique...)

Ah non, je n'ai pas écrit cette chanson, c'est dommage parce que ça marche bien... Je l'ai rencontré, on s'entend bien tout les deux et il propose un truc assez intéressant au niveau de la voix et de la personnalité, c'est assez marrant. Après, je n'ai pas écouté son album, pour ne pas mentir... J'aimerais bien trouver quelqu'un et te dire j'ai acheté l'album, j'ai flashé, c'est incroyable, même international... ah non, vous voulez français c'est ça ?

Vous faites ce que vous voulez, c'est vous l'artiste !

Je vais te dire un truc, j'ai très peu l'occasion d'écouter vraiment des choses... j'ai tellement de musique tout le temps dans la tête, tellement toute la journée que quand je suis chez moi,je ne veux que du silence. Je cherche tellement le silence, le calme, que quand j'entends mes enfants gueuler, j'ai envie de mettre un coup de poing dans le nez (rires) ! Mon problème, c'est ça, plus chercher le silence que la musique.

« Dimanche », votre dernier album, date d'il y a plus d'un an. Ets-ce que vous êtes en cours d'écriture pour un prochain album ou pas du tout ?

Ouais ça commence ! Il y a des choses qui commencent à arriver et on va prendre le temps pour le faire, on a pas de date de sortie pais par-contre je sais qu'on commence à travailler sérieusement , il y a des périodes de maquettages, on commence par des maquette. Alors moi, je ne maquette pas tout seul... il y a beaucoup d'artistes qui le font, qui peuvent rentrer chez eux et faire guitare/voix... mais mes producteurs me disent par exemple : « Oui, tu peux envoyer guitare/voix » ou un truc comme ça et au moment où tu envoies ils te disent « Oh c'est con y a que de la guitare » ; et ils te disent, « nous les producteurs, les éditeurs, on sait écouter les chansons, découvrir » alors qu'en fait, aujourd'hui, on ne sait plus. Y a une époque certainement si tu arrivais avec une chanson, ils étaient plus habitués à la folk ou ce genre de choses ! Aujourd'hui, tu as besoin pour convaincre les gens de voir où tu veux les emmener, c'est-à-dire d'arriver avec des choses beaucoup plus construite. Surtout parce que moi je suis dans une phase où je dois les convaincre. J'ai jamais eu un carton, même la Tristitude qui a bien marché, ça n'a jamais été un carton commercial, ça a été une réussite à notre niveau mais je ne pourrais pas vivre toujours sur la Tristitude ? Donc t'as des gens qui ont fait un tel carton à un moment qu'ils peuvent dire mon prochain album va être composé comme ci, comme ça, je veux un tel qui va faire ci ou ça... ce n'est pas comme ça pour moi, je dois me battre, je dois convaincre, je dois vendre mon projet encore et encore ! Donc on construit des choses, j'ai la chance d'avoir des partenaires, des gens me suivent et tout, mais donc quand j'ai une chanson en tête, il faut quand même que je ramène une basse, une guitare, un clavier, une batterie, un machin pour donner un son... ou alors parce que c'est vraiment un piano/voix et je le vois comme ça.

Comment décide-t-on d'écrire Tristitude, de faire de l'humour quand on entame une carrière de musicien ?

Je ne l'ai pas fait en commençant Tristitude, mais ce sont deux questions différentes je dirais. L'humour en fait, quand j'ai commencé à devenir musicien, il est arrivé sans que je ne le calcule, c'est-à-dire que je faisais des chansons plutôt normales avec mon groupe et de temps en temps comme récréation, j'écrivais des chansons marrantes. Sauf qu'il y a deux choses qui se sont passées, c'est que j'ai vu, parce que je devais mieux les écrire, les mots, que ça a cartonné auprès de mes copains et ensuite en concert, parce que je pense que j'ai du développer un talent particulier pour écrire des choses humoristiques et deuxième chose, c'est que le rire, et ça c'est un problème presque vicéral, avec le rire, tu sais tout de suite si ta chanson elle marche ou pas. C'est radical, une chanson jolie plus traditionnelle, le gens vont avoir besoin peut-être de l'écouter deux-trois fois , ils vont dire : « Rejoue ta chanson elle était sympa, j'ai bien aimé le texte mais qu'est-ce qu'elle dit vraiment ? »        Le rire tu racontes ton truc, si ça fait marrer, ça fait marrer, tu sais tout de suite si tu as réussi ton coup. Et ensuite le rire devient une...drogue, j'adore ça, je ne peux plus m'en passer !                             Par la suite, la Tristitude,  jamais je me suis dit en l'écrivant : « Tiens celle-là, ça va être un phénomène ! » Pour moi ça a été juste... on était avec un copain et on a fait un bon apéro qui a duré de onze heures trente à quatorze heures et on a écrit une chanson et elle est restée dans un tiroir pendant deux ans ou un truc comme ça et un jour je l'ai ressorti en me disant que c'était marrant quand même et je l'ai faite écouté à mon manager, mon producteur et on s'est dit qu'il fallait la faire et je l'ai faite en concert et là j'ai vu, là j'ai vu et on a su qu'il se passait un truc quand on la jouait devant les gens.

Vous accordez beaucoup d'importance à l'écriture, il y a un écrivain ou un songwriter dont vous vous sentez proches ?

Alors, je suis le plus nul des lecteurs, je lis beaucoup de... de BD, voilà ! Les BDs humoristiques notamment je connais bien, mais par-contre les livres, c'est une des grandes tares de ma vie. J'irais en écrire alors qu j'en ai lu très peu. Dans ce que j'ai lu, je sais que je n'ai rien d'original en disant ça, mais j'ai toujours été beaucoup touché par l'humour et la poèsie de Desproges, c'est quelqu'un qui a beaucoup compté et dans les songwriters... (longue réflexion) on revient sur Alain Souchon là ! Ce qu'on peut dire, c'est qu'il est tellement humble qu'il laisse beaucoup, tout le temps même, faire ses musiques par Voulzy, parce qu'il considère que Voulzy est meilleur que lui en musique mais Voulzy est un bon musicien certes, mais en tant que compositeur, quand Souchon travaille tout seul et qu'il balance un truc, à chaque fois c'est une tuerie, c'est incroyable ! C'est vraiment quelqu'un qui, je trouve, sait garder la simplicité des mots et des notes.

Une dernière question, quelle est la personne de votre entourage qui vous fait le plus rire ?

Lui dit pas, parce que sinon il va prendre le melon, il va se croire important, mais c'est Alexandre Zappatta qui est sur scène avec moi, le petit chauve à lunette. Mais en général dans la bande, y a Victor, c'est que des rigolades, on ne fait que ça, rigoler tout le temps, depuis cinq ans que ça dure, ça fait cinq ans qu'on rigole ! Cela arrive qu'il y ait des engueulades bien sûr mais on en parle tout de suite après et on débloque le truc et je vous souhaite dans votre vie professionnelle ou amicale de connaître la même chose qu'on connaît, c'est-à-dire toute la bande, on ne fait que rigoler sans arrêt sans arrêt, et on se parle beaucoup aussi de trucs très profonds, on vit vraiment des chouettes choses et ces gens-là me font rire voilà, et on a de la chance, on se voit souvent !

Voir toutes les photos du concert

Découvrez le clip d'Oldelaf "La Belle Histoire" 

PLAY

Nans et Mr G