Interview Ladylike Lily

Sépulcrale, noble, Interview Ladylike Lily a bien voulu répondre à nos questions. Voilà un aperçu de celle qui bouscule les codes de la pop française.

 

SpeedWeb : En conférence vous avez signalé que vous ne désiriez pas utiliser votre vrai nom pour ne pas enfermer votre création, l’utilisation de nom de scène vous permet d’être libre de composer ce que vous voulez. Votre identité propre est-elle aussi changeant que votre identité d’artiste ?

Lady L : Non ce n’est pas autant. D’ailleurs je pense qu’on en change jamais fondamentalement. Parfois on essaye d’échapper à des choses et cela nous rattrape. Je pense qu’on est toujours aspiré vers d’autres choses. Après l’envie de faire de la musique, je le vis comme un jeu, comme s’amuser avec de nouveaux instruments, avec de nouvelles sonorités. Je m’ennuie dès que les choses sont figées en fait, quand on fait tout le temps la même chose, dès qu’il n’y a plus de surprises .

SW : Comment définir votre genre musical ?

LL : En ce moment je fais de la pop en français

SW : Il y a d’autres styles qui vous attirent ?

LL : Je suis un peu une rockeuse contrariée en fait, depuis le début je n’ai pas encore exploré à fond ce côté-là parce qu’il y a toujours la douceur qui reprend le dessus et dès que c’est un peu trop sonore, un peu trop rock’n’roll, c’est dur et j’ai besoin d’adoucir, mais j’aimerai bien avoir une formation avec une batterie, une guitare électrique, du chant, un truc hyper simple, hyper…

SW : Punk ?

LL : Voilà, ça me ferait extrêmement plaisir.

SW : Vous faites de la pop française donc, quels sont les artistes qui vous ont inspiré ? Il y avait Michel Polnareff hier…

LL : Ce n’est pas ma génération. Je suis allée le voir sur scène et j’ai trouvé qu’il faisait le show, que vocalement il était encore très affûté et j’ai trouvé ça bien mais je suis beaucoup plus génération Alain Souchon, Laurent Voulzy… je les ai beaucoup entendu à la maison et je me sens plus proche d’eux, de leur côté naturel. J’écoute très peu de musique française cependant, je suis plus attirée en français par des gens comme François & The Atlas Mountain, ça peut être La Femme parfois, j’aime bien les gens qui innovent, qui cassent les codes de la vieille chanson française.

SW : On vous décrit comme très travailleuse, avec beaucoup d’abnégation à accomplir vos tâches…vous n’avez jamais la flemme ?

LL : Si, de plus en plus. Avant j’étais à fond et je ne me donnais pas la possibilité de prendre du temps pour moi et en fait j’ai sacrifié beaucoup de choses dans ma vie perso pour ma musique, ne faire que ça et je ne veux plus faire ça, je veux prendre le temps. S’il me faut trois jours pour aller voir ma famille ou mes amis, je vais les prendre.

SW : Qu’avez-vous déjà sortie ? Un album ?

LL : Oui un album et deux EPs et là je prépare un deuxième album. Y a eu une longue période d’attente avant de sortir cet EP et ce n’était pas aussi urgent que je ne le pensais. Puis maintenant c’est mon métier depuis 5 ans, je suis un peu plus zen par rapport à ça.

SW : Et je me posais la même question pour Ibrahim Maalouf qui multiplie projets et expériences,  mais comment fait-on pour produire, créer autant et ne jamais être à court d’inspiration ?

LL : Et bien on vit des choses différentes, moi à 22 ans je ne vivais pas les mêmes choses que maintenant, c’est le quotidien qui m’inspire, le quotidien des autres, les rencontres…c’est l’humain en général, on ne cesse jamais de découvrir des choses.

SW : Et pour les mélodies ?

LL : Non par-contre les mélodies ça viendra toujours je pense. Il peut y en avoir 100 à la minute après il faut faire des choix. Ensuite moi j’ai des logiques de composition qui sont toujours un peu les mêmes et que j’aimerai bien bousculer, mais je n’ai pas de problèmes pour trouver les mélodies, c’est plus pour le texte car je suis assez exigeante et je n’arrive pas à sortir quelque chose qui ne me semble pas assez abouti.

SW : Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans la musique ? Un environnement familia, une découverte musicale… ?

LL : C’est un truc assez difficile à définir, c’est un truc à l’intérieur de moi depuis trop longtemps…il n’y a pas eu de déclic, même toute petite, dès qu’il y avait un bout d’instruments, de quoi faire de la musique quelque part, j’étais trop intéressée.

 

Mr G, Nans et Gwenn